Abonné

Les algues bénéfiques pour la flore intestinale des porcelets

- - 4 min
L’apport d’algues dans l’alimentation des porcelets améliore leur santé Crédits : © 12019 - Pixabay

Une équipe de chercheurs de l’Université de Zurich a présenté ses essais menés sur l’apport d’algues dans l’alimentation de base des porcelets sevrés. Ceux-ci montrent que ces animaux présentaient moins d’agents pathogènes diarrhéiques dans leurs intestins et avaient besoin de moins d’énergie pour prendre du poids, que des porcelets engraissés avec des mélanges alimentaires conventionnels.

S’il était encore besoin de se convaincre du rôle que peuvent jouer les algues en innovation, des chercheurs de l’Université de Zurich (UZH) ont présenté au public un projet démontrant comment une alimentation complémentaire à base d’algues améliore la santé des porcs, lors du 80ème salon suisse de l’agriculture et de l’alimentation qui se tenait en à Saint-Gall à l’automne dernier. Daniel Brugger, chef de projet de l'Institut de nutrition et de diététique animales de l'UZH et son équipe ont souhaité montrer au plus grand nombre lors de cette manifestation « comment la recherche peut contribuer à rendre la production d'aliments pour animaux plus durable sur le plan environnemental », est-il indiqué dans le communiqué d’UZH.

Pour mener à bien leur projet, les chercheurs ont utilisé des macroalgues de l'espèce Laminaria japonica (également appelées kombu ou varech sucré) produites en Chine qu’ils ont mélangé à l’aliment de base recommandé pour les porcelets sevrés. Trois études parallèles dont chacune présentait des formes particulières de préparation d'algues, ont ainsi été effectuées sur un total de 144 porcelets, afin d’étudier et de comparer leurs effets sur les performances animales, la dépense alimentaire et la physiologie intestinale des porcelets. 

Il est apparu que « les porcelets nourris aux algues ont besoin de 2 à 5 % d'énergie en moins pour prendre le même poids que les animaux engraissés avec des mélanges alimentaires conventionnels », est-il indiqué dans le communiqué. Des résultats prometteurs qui ont montré que « les porcelets nourris aux algues présentaient moins d’agents pathogènes diarrhéiques tels que les Clostridies dans leurs intestins et avaient besoin de moins d’énergie pour prendre du poids ». Et Daniel Brugger d’ajouter que « s'il y a moins de bactéries pathogènes dans l'intestin, le système immunitaire intestinal n'a pas besoin de dépenser autant d'énergie pour les contrôler ». Une énergie que le porcelet peut alors consacrer tout entière à sa croissance. 

Des algues aux multiples bénéfices

Concrètement, les chercheurs expliquent que les algues servent de source d'énergie aux agents non pathogènes tels que les bactéries lactiques leur permettant non seulement d’occuper des espaces libres sur la paroi intestinale à la place des agents pathogènes, mais également de produire des acides gras à chaîne courte qui conduisent à une acidification de l'environnement intestinal, qui ne convient pas aux germes pathogènes. Ce qui explique cette moindre dépense en énergie du système immunitaire intestinal pour éloigner les agents pathogènes. 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Et les chercheurs de relever également que l’un des effets secondaires d’une alimentation à base d’algues est qu’au final la quantité de nourriture pour l’engraissement des animaux est moindre. Une économie réalisée non seulement sur l’alimentation, mais aussi sur la surface utile nécessaire à la production. « L’ajout d’algues à l’alimentation du bétail pourrait donc être rentable tant sur le plan économique qu’écologique. Sans compter que les algues contenant des oligo-éléments essentiels, l'iode et le sélénium, il n’est plus nécessaire de l’ajouter à l'alimentation du bétail.

Des recherches prometteuses qui demandent à être approfondies. L’équipe de Daniel Brugger note en effet n’avoir travaillé jusqu’à présent que sur des porcelets sevrés et ne pas connaitre non plus l’effet des algues sur des animaux qui souffrent déjà de diarrhée.