Abonné

Nitrates Les algues vertes continuent d’opposer écologistes et agriculteurs

- - 2 min

Une manifestation a opposé, dimanche 19 septembre associations écologistes et agriculteurs bretons. Europe Ecologie Bretagne s’apprête à saisir Bruxelles de la question, estimant que le plan de lutte français ne propose pas assez de mesures préventives.

Près de 2 000 personnes ont manifesté, à l’appel d’associations écologistes, dimanche 19 septembre près de Douarnenez (Finistère sud) pour demander « un vrai programme de lutte » contre les marées d’algues vertes. Quelques centaines de mètres plus loin, environ un millier d’agriculteurs se sont également réunis pour défendre leur activité, à l’appel notamment de la FNSEA. Europe Ecologie Bretagne (EEB) s’apprête à déposer un recours auprès de la Commission européenne contre l’État français pour ses « manquements » dans la gestion des algues vertes. L’organisation reproche notamment à la France le manque de mesures préventives dans son plan de lutte contre les algues vertes lancé il y a six mois. Les plaignants, qui réclament « le respect des traités européens » et l’application du « principe de bonne administration des moyens publics », critiquent également certaines aides de la Pac qui favorisent les installations d’élevages. « Les nitrates représentent trois quarts de la pollution des eaux, et des fonds européens servent à créer ces pollutions », a souligné Mona Bras, conseillère régionale d’EEB.

Bouc émissaire
Les agriculteurs s’en défendent. La Coordination rurale, dans un communiqué du 21 septembre, souligne que « vu les besoins infimes des algues verte, il faudrait tant réduire l’azote en milieu marin qu’éliminer tous les élevages n’y suffirait pas ! La responsabilité de l’azote des cours d’eau ne peut plus être retenue ». Michel Salion, directeur de l’agence de communication Manifeste à laquelle l’office régional du tourisme a fait appel pour gérer la communication de crise liée aux algues vertes, explique que « les baies ne peuvent pas être nettoyées de leurs phosphates, issus essentiellement des villes. Donc, la seule variable d’ajustement de l’invasion de ces algues reste l’azote émis par le monde agricole ». C’est pourquoi la CR estime qu’aussi longtemps « qu’une approche scientifique non partisane n’aura pas pris le pas sur la précipitation à designer l’agriculture comme coupable idéal, nous ne parviendrons pas à résoudre le problème des algues vertes ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
Finistère
Suivi
Suivre