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Nitrates Les algues vertes font de nouvelles victimes

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Cet été, 36 sangliers ont été découverts morts sur les plages bretonnes à cause des accumulations d’algues vertes. Dans un premier temps, les autorités locales ont tenté de disculper les algues. Ce qui a fortement agacé les associations environnementales. Pendant ce temps, le Plan algues vertes lancé en 2010 se met lentement en en place.

Les algues vertes ont fait de nouveau parler d’elles cet été. 36 sangliers en ont été victimes sur les plages bretonnes. Si dans un premier temps les autorités locales et les agriculteurs ont tenté de disculper les algues, ils ont fini par se rendre à l’évidence. La préfecture du département des Côtes d’Armor a fini par admettre vendredi 5 août qu’en « l’état actuel des données, les seuls résultats significatifs portent sur le H2S », ce gaz mortel dégagé par la putréfaction des algues vertes. La présence du gaz mortel a été découverte chez six des sept sangliers analysés.
L’hypothèse d’intoxication alimentaire semble bien être définitivement écartée : les recherches sur la présence éventuelle d’anatoxines de type A produites par des cyanobactéries dans le lit du Gouessant sont négatives, et les analyses du bol alimentaire de sept sangliers ne permettent pas de mettre en évidence la présence d’anticoagulants, d’insecticides organophosphorés, de carbamates et de chloralose.

Fermeture des plages
Les associations environnementales ont vivement dénoncé le temps qu’ont mis les autorités à reconnaître la responsabilité des algues vertes. Eaux et rivières de Bretagne, notamment, regrette dans un communiqué « cette valse hésitation de la préfecture au moment même où les enjeux de santé publique devraient au contraire conduire à des analyses scientifiques aussi complètes que rigoureuses. Seule une totale transparence est susceptible de rassurer la population et de crédibiliser l’action de l’Etat ».
La ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, est donc venue mettre les points sur les i sur place. Le 9 août, elle a ordonné la fermeture effective de toutes les plages où les algues vertes ne pouvaient être ramassées, afin d’éviter tout drame humain. « L’agriculture a une part importante dans les nitrates qui sont produits en Bretagne et se retrouvent dans les rivières, mais il faut du temps pour modifier un système de production qui existe depuis des décennies », a souligné la ministre. Elle a toutefois exclu que le gouvernement revienne sur le projet d’assouplissement des règles d’épandage du lisier dénoncé par les associations, soulignant qu’il s’agissait d’une adaptation des normes françaises aux normes européennes (Agra 3306 P32). « Un jour il faut que ça s’arrête, a-t-elle lancé. Ça fait 20 ou 30 ans que ça dure. Là dessus, c’est la mise en œuvre du Plan algues vertes ».

Le mouvement est engagé
Optimiste, le président du Conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian (PS), a quant à lui, promis une « inversion de phénomène » des algues vertes dans les cinq ans, grâce au plan initié l’an passé avec le gouvernement. « Ce processus, soumis au contrôle d’un comité scientifique indépendant, est d’ores et déjà engagé », assure-t-il dans un communiqué du 10 août. Prévu pour huit baies, le Plan algues vertes a pour l’instant été signé que pour une seule d’entre elles, celle de Lannion, et doit être signé en septembre pour la baie de Saint-Brieuc. « Les agriculteurs des huit zones concernées sont très mobilisés autour des mesures agro-environnementales à mettre en œuvre », témoigne Jean-Yves Le Drian. Il vaut mieux, car les événements de cet été vont encore faire monter la pression sur l’élevage breton.

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