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Nutrition Les allégations déchaînent les eurodéputés

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Impact sur les PME, entorses à l’innovation… Les députés européens restent très sceptiques vis-à-vis de la proposition de règlement sur les allégations nutritionnelles et de santé présentée par la Commission européenne en 2003. La recherche d’un compromis entre les institutions s’annonce difficile pour ce texte aux enjeux considérables quant à la communication des entreprises. D’autant plus que l’industrie alimentaire, désormais divisée sur le sujet, exerce des pressions dans des sens parfois contradictoires.

« Je n’aime pas cette législation. Si cela ne tenait qu’à moi, je la mettrais à la poubelle». C’est en ces termes que certains députés européens ont accueilli le nouveau rapport parlementaire sur les allégations nutritionnelles et de santé, lors d’un débat en commission. La proposition de la Commission est jugée « désastreuse, mal faite et inacceptable ». Toutefois, les amendements faits dans le rapport de la députée italienne Adriana Poli Bortone ont été, pour la plupart salués même si aux yeux de plusieurs députés, une procédure de conciliation entre les institutions sera difficile à éviter !

« Prendre les consommateurs pour des idiots »

Les plus réticents sont les Libéraux qui estiment que les principaux articles du règlement « prennent les consommateurs pour des idiots » ! Mais l’état d’esprit général est moins négatif : « Il ne faut pas interdire mais donner un cadre est fondamental pour que les informations soient authentiques. Les consommateurs comme l’industrie le demandent », s’est défendue Adriana Poli Bortone face aux attaques. Reste que plusieurs députés très écoutés au sein de la commission parlementaire chargée de la sécurité alimentaire se posent la question du bien fondé des profils nutritionnels : que vont-ils apporter ? L’Autorité sera-t-elle a même de les concevoir ? Beaucoup sont sceptiques.

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« Disposition difficile »

Seule la Commission européenne ne se pose pas de questions – officiellement. « Les profils nutritionnels sont une disposition difficile, oui… Mais ils sont un instrument de régulation. Les allégations sont utilisées volontairement (par les industriels). Et les consommateurs y croient», a défendu la représentante de la Commission européenne, indiquant que le rapport parlementaire est « intéressant ». A sa rescousse, la responsable de l’AESA présente au débat parlementaire qui estime que son agence sera capable de remplir sa mission, pour l’édification des profils ou du moins, « elle va tâcher de le faire » !

Seule la Commission européenne ne se pose officiellement pas de questions