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Lait Les allocations provisoires de quota suspendues

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Compte tenu de la crise laitière, le taux des allocations provisoires de quotas laitiers sera cette année fixé à 0 %. Ainsi en a décidé le ministère de l’Agriculture le 11 juin. Le taux de 3 % avait pourtant fait l’objet d’un avis favorable au conseil de gestion lait de FranceAgriMer le même jour. Dans les régions, l’accord sur le prix du lait peine toujours à s’appliquer. En Bretagne, la situation d’Entremont est jugée particulièrement inquiétante et l’entreprise a dit ne pas pouvoir respecter l’accord du 3 juin. Quelques manifestations ont perduré jusqu’au 18 juin tandis que plusieurs centaines d’éleveurs arrivaient à Bruxelles pour attirer l’attention du conseil européen.

Pas d’allocations provisoires de quota cette année. Ainsi en a décidé le ministre de l’Agriculture, au vu du contexte de marché et de la baisse drastique des prix du lait. Et bien que les représentants eux-mêmes de l’État aient voté en faveur de 3 % d’allocations provisoires. Pour symbolique qu’elle soit – et gênante pour les éleveurs pouvant se trouver dans des marchés dynamiques –, cette décision était fortement appuyée par les éleveurs. Ils jugent que tout ce qui peut être fait pour maîtriser les volumes de lait produits est justifié. Tous syndicats confondus, ils avaient voté contre un avis favorable au conseil de gestion lait de FranceAgriMer. Aussitôt connue la nouvelle, la Confédération paysanne a pris acte de la décision de Michel Barnier.

Les départements encore mobilisés
En régions, l’accord sur le prix du lait du 3 juin peine toujours à convaincre. Plusieurs manifestations se sont poursuivies jusqu’au 18 juin, notamment près de Saint-Étienne. Les agriculteurs de la Confédération paysanne ont mis fin au blocage de deux laiteries de la Loire, dans la nuit du 17 au 18 juin, pour se concentrer sur l’usine Danone de Saint-Just-Chaleyssin (Isère). À Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), la FDSEA a déploré qu’aucune précision n’ait encore été apportée aux producteurs de lait sur le mode de répartition de l’enveloppe de 30 millions d’euros allouée par le gouvernement il y a deux semaines, évoquant « un effet d’annonce ».
À Paris, le Sénat lui-même s’est préoccupé de la question. La commission des affaires économiques a saisi l’Autorité de la concurrence sur la situation concurrentielle de la filière lait et le mode de fixation des prix. La commission souhaite que soient examinées les conditions dans lesquelles des mécanismes d’orientation des prix du lait pourraient être compatibles avec le respect des règles de la concurrence. L’Autorité rendra début octobre son avis.
Enfin, ce sont même les distributeurs réunis au sein de la FCD qui ont voulu proposer une solution.
Pour répondre au problème d’évolution en dents de scie des prix du lait, explique Jérôme Bédier, président de la FCD, « on peut imaginer, par exemple, de fixer une sorte de prix directeur entre les producteurs et les industriels, de reconstituer des stocks régulateurs ou d’instituer un système d’assurance des revenus des producteurs ».

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