Le département des Landes investit 48,6 M€ dans Agrolandes, un nouveau technopôle de 90 ha. Ce parc technologique veut promouvoir quatre filières d'excellence avec une prédominance agroalimentaire, notamment autour des palmipèdes.
La création du technopôle Agrolandes vient de passer en phase opérationnelle avec le recrutement de Marc Chazaux comme directeur. Ce dernier, à la tête depuis seize ans d'Agroparc à Avignon dans le Vaucluse, prend ses fonctions en janvier. Le projet, porté par Henri Emmanuelli, président du conseil départemental des Landes, se veut particulièrement ambitieux pour promouvoir les « agro-activités ». La collectivité locale a doté un groupement d'intérêt public d'un capital de départ de 1 M€, prévu des investissements estimés à 48,6 M€, dont 34 millions dédiés à la création de quatre halles technologiques chacune destinée à une des quatre filières d'excellence complémentaires, l'agroalimentaire, les biotechnologies, le bois et le bio raffinage animal et végétal. Ce projet qui s'étend sur 90 ha à Haut-Mauco, près de Saint-Sever, doit accueillir à terme une pépinière d'entreprise, un hôtel d'entreprise, des espaces de co-working et l'accueil de scientifiques. Déjà, 39 sociétés locales (Labeyrie, Lafitte, SCA Foie gras de Chalosse…) participent à la démarche, regroupées dans l'association Agrolandes Entreprises présidée par Thierry Zurcher. Le technopôle sera situé sur la même commune que le groupe coopératif polyvalent Ma sadour, propriétaire, entre autres, de Delpeyrat et de Comtesse du Barry, dont le président Michel Prugue vient d'être nommé à la tête de Coop de France (lire aussi page 13).
AU PAYS DU FOIE GRAS
Initié par le conseil départemental avec le soutien de la Région, compétente en matière de développement économique, le technopôle devra plus particulièrement animer des recherches sur l'amélioration du gavage des oies et canards, soutenir la constitution de bases de données et de systèmes experts, se pencher sur la réduction de la consommation énergétique des bâtiments, trouver des débouchés aux co-pro-duits, développer l'automatisation du tri du foie lors du déveinage, de la découpe et du parage, apporter des solutions à l'allongement de la DLC et à la stabilisation des produits, assurer des progrès dans les emballages et mutualiser des solutions pour le conditionnement des TPE-PME.
OBJECTIF CO-PRODUITS
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L'objectif est de valoriser une industrie départementale qui arrive en tête au niveau national dans la production de canards gras avec 3,68 millions d'unités élevées, 9,7 millions de bêtes abattues pour produire 4 598 tonnes de foie gras et 3 352 tonnes de canards à rôtir. Assurer 30 % de la transformation nationale de palmipèdes génère 470 800 tonnes de déchets (plumes, graisses, viscères, carcasses, lisiers, fumiers, sang, animaux morts) pour lesquels le technopôle est chargé de trouver des sources de valorisation (intrants agricoles, production d'énergie, habillement, alimentation animale, aquaculture, pet food, méthanisation, biochimie, oléo-chimie). Les pattes de canard, met prisé en Chine, offrent un débouché à l'exportation. Les Landes produisent également 10,8 millions de cailles entières au niveau industriel et 30 millions d'œufs. Mais aussi 85 millions d'œufs de poule et 29 154 tonnes de poulets entiers ou découpés et leurs 65 466 tonnes de déchets à valoriser. Le département assure également la production de 10 650 tonnes de truites dans 35 sites piscicoles et compte apporter des avancées dans la production, la transformation et la valorisation des co-produits dans tous les domaines dont pharmaceutiques.
AGROALIMENTAIRE EN PLEINE CROISSANCE
Depuis 2006, les effectifs de la filière alimentaire landaise ont crû de 36 % (contre – 1,8 % au niveau national). Ces 5 500 collaborateurs réalisent 3,2 milliards d'euros de chiffres d'affaires. L'agroalimentaire représente 43 % de l'activité en valeur de l'industrie landaise contre 19 % au niveau national. Seize entreprises locales totalisent, chacune, un chiffre d'affaires supérieur à 50 M€. Les dix premières réalisent plus de 70 % de la valeur ajoutée de la filière locale et mobilisent les trois quarts des effectifs. Le département compte ensuite 241 TPE-PME de transformation. Les métiers de la viande prédominent avec 49,3 % de l'activité tant en valeur qu'en effectifs. Député, ancien président de l'Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, met tout son poids politique dans le projet. Rappelons que le patron emblématique des Landes est ancien ministre et surtout, aujourd'hui, président de la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts.