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Retraite Les anciens exploitants interpellent les candidats à la présidentielle

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La Section nationale des anciens exploitants de la FNSEA a déposé mercredi 7 mars une pétition rassemblant 80 000 signatures dans les QG de campagne des candidats à l’Elysée, en vue d’une meilleure retraite.

Des représentants de la SNAE ont déposé, mercredi 7 mars, une pétition forte de 80 000 signatures, portant leurs revendications pour une revalorisation des retraites agricoles, dans les différents QG de campagne des candidats à la présidentielle. Reçus le plus souvent par les conseillers agricoles des postulants, ils ont essentiellement insisté sur la faiblesse de leurs pensions et demandé leur alignement sur celles du régime général. « Nous avons été écoutés. Le travail continuera désormais en juin avec les candidats aux législatives », a indiqué le président de la SNAE, Jean-Paul Bizien, à l’occasion du congrès de la Section qui a suivi le dépôt des pétitions, pendant deux jours, au siège de Groupama à Paris. Ce rendez-vous annuel fut l’occasion pour les anciens exploitants de poursuivre les débats sur leur situation souvent difficile. Parmi les points abordés : la retraite complémentaire obligatoire (RCO). « La loi précisait que l’attribution de la RCO devait permettre de porter la pension de retraite au minimum à 75% du Smic net l’année de liquidation de la pension après une carrière complète effectuée en qualité de chef d’exploitation ou d’entreprise agricole à titre exclusif ou principal », a expliqué Jean-Paul Bizien. Mais « les pouvoirs publics n’ont pas tenu leurs engagements en termes de financements ». « Nous demandons aux pouvoirs publics d’amener les retraites à 85% du Smic à l’échéance des 5 ans », a défendu la SNAE. Plusieurs anciens exploitants ont sur ce point exprimé leur mécontentement à l’égard de la maison-mère, la FNSEA, regrettant « son inertie ». Un avis soutenu par leur président qui a déclaré regretter « la frilosité » du syndicat majoritaire sur le sujet.

La FNSEA marche avec la SNAE et vice versa
Convié le lendemain, le 8 mars, au congrès, le président de la FNSEA, Xavier Beulin s’est déclaré « un peu surpris » des déclarations de la veille. « Je n’ai aucune amertume. Mais je voulais quand même vous le faire remarquer parce que ça laisserait entendre qu’au fond il y a un fonctionnement de la section des anciens qui marche à côté du fonctionnement de la FNSEA. Or, non seulement nous ne marchons pas à côté des autres, mais nous marchons les uns avec les autres », a-t-il fermement rappelé avant de revenir sur la RCO et d’indiquer « entendre les revendications ». Mais, « d’abord, vous admettrez avec moi que c’est un dispositif relativement jeune ». Ensuite, « je dois vous dire tout de suite que 7% ça n’est pas plaidable aujourd’hui pour les actifs agricoles. C’est faire un bond en avant qui est beaucoup trop important, et la situation économique de l’agriculture aujourd’hui ne le permet pas. En revanche, je suis très ouvert et porterai cette réflexion auprès du conseil de la FNSEA ». Et de proposer « une politique des petits pas » en la matière. Ce qui signifie : « Je suis favorable à regarder avec quel rythme et donc avec quel pourcentage nous pouvons faire évoluer la situation actuelle pour avoir demain une retraite complémentaire digne de ce nom ». Applaudi par l’assemblée, Xavier Beulin a également salué « le large succès » de la pétition.

La crise toujours
Présent aussi lors cette deuxième journée du congrès, Daniel Perrin, le conseiller technique de Nicolas Sarkozy pour l’agriculture, a rappelé « les mesures très importantes prises ces cinq dernières années », en matière de retraite notamment : « La mise en place du minimum de retraite agricole garanti qui au 1er avril 2011 s’élève à 658 euros par mois. Et s’ajoute à cela 100 euros environ de retraite complémentaire, soit au total 760 euros, qui équivaut à 71% du Smic ». Et d’inciter les exploitants agricoles retraités de plus de 65 ans à accéder au minimum vieillesse pour lequel « le capital d’exploitation n’est plus recherché », a-t-il rappelé. Quant à l’avenir, Daniel Perrin s’est dit conscient « qu’il reste encore beaucoup de choses à régler notamment en matière de petites retraites et de parité. Pour notre part, sachez que nous sommes très ouverts à examiner avec vous l’ensemble de vos revendications mais qu’elles ne pourront être mises en œuvre de toute façon que de manière progressive et dans le cadre d’une maîtrise générale de la dépense publique ».

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