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Retraites Les anciens exploitants plutôt satisfaits des réformes

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Minimum vieillesse, retraite complémentaire, mensualisation, prise en compte des aides familiaux... La section anciens exploitants de la FNSEA a obtenu satisfaction sur la presque totalité de ses revendications. Lors de l’assemblée générale de la section, qui s’est tenue le 11 février, le président Richard Didier a toutefois prévenu ses troupes qu’il restait encore des revendications à satisfaire, portant notamment sur les conditions de carrière ou la réversion. Un “groupe de travail” spécifiquement consacré aux retraites a été mis en place au sein du ministère. Le président des anciens a aussi invité les retraités à prendre un rôle actif dans la société, qui peut prendre la forme d’activités de médiation dans les conflits qui touchent le monde rural.

Les têtes blanches n’ont pas que des idées noires. C’est ce qu’a dû se dire Richard Didier, président de la section nationale des anciens exploitants de la FNSEA, lors de l’assemblée générale du 11 février dernier. Rarement un responsable syndical aura autant été plébiscité, son discours se terminant même par une “standing ovation”. Il faut dire que M. Didier présentait un bilan plutôt flatteur. L’an dernier, les retraités agricole ont obtenu satisfaction sur pratiquement toutes leurs revendications. D’abord, sous le précédent gouvernement, les petites retraites agricoles ont été augmentées au niveau du minimum vieillesse, pour ceux qui ont une carrière complète. La retraite complémentaire, revendication très ancienne, a également été votée sous la tutelle de Jean Glavany, mais elle a été mise en place en avril 2003. “ Nous l’avons demandée avec acharnement, nous avons chanté victoire”, s’est réjoui M. Didier. Par ailleurs, la réforme des retraites votée en 2003 permet le rachat des trimestres des aides familiaux depuis la fin de l’obligation scolaire, et non à partir de l’âge de la majorité. Une mesure qui va changer bien des choses pour un certain nombre de retraités, quand on sait que la fin de l’obligation scolaire était de 14 ans jusqu’à la génération 1952, alors que la majorité n’était atteinte qu’à 21 ans. Dernière mesure, plus actuelle, la mensualisation des retraites est une réalité depuis le 9 février dernier, alors que les pensions étaient auparavant versées tous les trois mois.

14 mois de pension au lieu de 12 

Le premier versement mensuel ayant été effectué un mois après le dernier versement trimestriel, les retraités bénéficieront cette année de 14 mois de pension. Voilà qui vaut bien quelques applaudissements. Il y a bien le risque de voir le fisc ramasser une partie de la mise l’an prochain mais le représentant du ministre, présent à l’Assemblée générale, a certifié être “ en contact avec le ministère chargé du budget pour résoudre ce problème”. Il a également annoncé la création d’un groupe de travail, auquel participeront les représentants des retraités, pour étudier d’autres revendications. Il pourrait s’agir des conditions de carrières exigées, qui varient en fonctions de la date d’entrée en retraite et qui, de l’avis de M. Didier, “ soulèvent beaucoup d’amertume et d’incompréhension”. La question des réversion pose également un certain nombre de problèmes. “ Les victoires sont rarement totales”, a clamé le président des anciens de sa tribune.

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“Demandez vous ce que vous pouvez faire pour votre pays” 

Mais s’il a su toucher le cœur de l’assemblée, c’est qu’il n’a pas limité ses propos aux aspects pécuniers. Reprenant les termes de John Kennedy, il a invité les anciens exploitants à ne pas se demander ce que leur pays pouvait faire pour eux mais ce qu’ils pouvaient faire pour leur pays. Toute la journée précédant l’assemblée générale a été consacrée au rôle que pouvaient jouer les anciens dans la société. Une des pistes les plus intéressantes concerne la possibilité pour les retraités d’être médiateurs dans les conflits qui touchent le monde rural. L’un d’eux a par exemple raconté comment il avait réussi à convaincre l’oncle d’un jeune de lui louer une parcelle agricole, alors que celui-ci refusait au nom d’une brouille ancienne avec son père. Avant de conclure, le président des anciens a exprimé la nécessité d’ “ adapter son action à son âge et à ses forces” sachant que “ l’activité physique et intellectuelle est source de longévité, de santé physique et mentale, et nous aide à descendre la pente avec sérénité, en gardant notre idéal jusqu’à la dernière heure”.