Deux nouvelles parcelles d’expérimentation transgénique ont été détruites ces derniers jours en France. Les opposants aux OGM ont opéré à chaque fois pendant la nuit. Les professionnels des semences demandent au gouvernement de prendre « d’urgence tous les moyens légaux pour protéger les essais ».
La première destruction est intervenue dans la nuit du 14 au 15 juillet, conjointement au rassemblement à Verdun-sur-Garonne où plusieurs centaines de faucheurs volontaires d’OGM s’étaient donné rendez-vous pendant deux jours. La parcelle de maïs concernée (5 000 m2) était cultivée pour le compte de la société Pioneer sur la commune de Menville (Haute-Garonne). Les trois organisations représentant les professionnels des semences et de la protection des plantes (CFS, UIPP et GNIS) ont demandé au gouvernement de prendre « d’urgence tous les moyens légaux pour protéger les essais ».
Pas de revendication
Dans la nuit du 18 au 19 juillet, c’était au tour d’une parcelle de maïs transgénique d’être visée sur la commune de Beaulieu (Puy-de-Dôme). Un demi-hectare de maïs a été piétiné. Mis en place par l’entreprise de biotechnologie Meristem Therapeutics, cet essai faisait partie d’un programme de recherche sur 20 hectares visant à faire produire par du maïs une lipase recombinante et des anticorps monoclonaux. La lipase gastrique obtenue devait être utilisée pour achever le développement clinique d’un médicament destiné à traiter les troubles digestifs graves liés à la mucoviscidose, indique Meristem Therapeutics. Les deux anticorps devaient servir à traiter plusieurs types de cancers. L’entreprise de biotechnologie a décidé de porter plainte. Une enquête est en cours mais aucune revendication n’a pour l’heure été signalée.
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La FNSEA a de son côté appelé à « ne pas laisser des groupes extrémistes isolés décider à notre place » et demande l’organisation d’un débat public « avec toutes les parties concernées ». Luc Guyau, le président de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) s’est pour sa part déclaré « scandalisé et ulcéré devant tant d’obscurantisme » et en appelle aux pouvoirs publics et à chaque citoyen « pour que cessent ces agissements ».
(1) Voir n° 2976 du 11/10/05