Les appellations laitières ont lancé une vaste réflexion afin d’intégrer dans leur cahier des charges des éléments de durabilité. La démarche « AOP laitières durables » doit maintenant être déclinée pour chaque appellation.
« Prendre les devants plutôt que subir des démarches transversales comme la certification Haute valeur environnementale », résume pragmatiquement Michel Lacoste, président du Cnaol (fédération des appellations laitières). C’est le sens de la démarche « AOP laitières durables », qu’il présentera lors de l’assemblée générale de l’organisation le 24 septembre. « Nous voulons repositionner le logo AOP comme le signe de référence de la qualité des fromages et produits laitiers en France en l’enrichissant d’éléments de durabilité pour rassurer le consommateur », a-t-il expliqué quelques jours plus tôt à Agra Presse.
« Nous avons travaillé dans une perspective de durabilité à 360 degrés », explique l’éleveur laitier cantalou. Autour des trois piliers du développement durable que sont l’économie, le social et l’environnement, cette nouvelle démarche définit six thématiques : création et partage de la valeur ajoutée ; tissu économique local ; modes de production valorisant les ressources naturelles ; modes d’élevage et de production traditionnels ; goût et typicité du produit ; acteurs de la vitalité du territoire. Dix-huit objectifs transversaux y sont ensuite énumérés tels que « favoriser le renouvellement et la transmission des activités », « limiter les externalités négatives », ou encore « assurer le bien-être et la santé des animaux ».
Modifier les cahiers des charges
Si cette démarche arrive maintenant, c’est que jusque-là il n’était pas possible pour une AOP d’inscrire noir sur blanc ce type de mesures dans son cahier des charges, même si en pratique celles-ci étaient déjà mises en place. « Jusque-là, le droit ne nous permettait pas de pouvoir intégrer des mesures comme le bien-être animal ou l’environnement car seules les propriétés organoleptiques du produit comptaient. Avec la révision de la Pac, cela est désormais possible », décrypte Michel Lacoste.
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L’organisme de défense et de gestion (ODG) Ossau Iraty s’est, comme les 51 autres appellations laitières hexagonales, engagé dans la démarche. « Sans élément de durabilité, nous n’irons pas loin », justifie Francis Poineau, administrateur de l’ODG du célèbre fromage basco-béarnais. « L’enjeu est également de renforcer la confiance du consommateur, d’être crédible », ajoute-t-il.
Dans le cadre de cettee démarche, chaque ODG devra proposer un plan qui comprend a minima une mesure pour chacun des 18 objectifs transversaux. « L’objectif est de revoir nos décrets d’appellation d’ici 2030 », indique Michel Lacoste du Cnaol. « Nous avons déjà des éléments à mettre en avant mais nous allons essayer d’aller plus loin », assure Francis Poineau.