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Apiculture Les apiculteurs délaissés par le ministère de l’Agriculture, selon l’Unaf

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Dérogations autorisant les épandages aériens, homologation du Cruiser sur colza et maïs, frelon asiatique. Les apiculteurs de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture) ne se sentent pas entendus par le ministère de l’Agriculture.

Les producteurs de miel de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française) ne décolèrent pas. Entre le Cruiser 350 toujours autorisé sur le maïs, le Cruiser OSR qui vient d’obtenir son autorisation de mise sur le marché pour le colza, les nombreuses dérogations accordées aux épandages aériens de produits phytosanitaires et le manque de moyens mis dans la lutte contre le frelon asiatique, Olivier Belval, président de l’Unaf, craint « que le printemps prochain soit mouvementé ».« Et si les apiculteurs montent au créneau avec des milliers de ruches dévastées en pleine campagne électorale cela risque de faire mal au niveau communication », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse, mardi 15 novembre à Paris. Les dérogations d’épandages aériens par décret préfectoral se multiplient, notamment sur maïs, alors que cela devrait être exceptionnel, déplore l’Unaf. 177 dérogations ont été accordées dans le Lot-et-Garonne en 2011 selon l’organisation. L’Unaf a donc saisi le tribunal administratif d’Orléans pour dénoncer une dérogation venant de la préfecture du Loiret afin d’en faire un exemple sur lequel tous les préfets vont s’aligner.

« Raffinement juridique »

En ce qui concerne le Cruiser, le dossier est bien plus complexe. L’Unaf a multiplié les recours devant le Conseil d’Etat ces dernières années, parvenant à faire annuler, a posteriori, les autorisations accordées à l’insecticide de Syngenta pour les enrobages de maïs en 2008, 2009 et 2010. En 2011, le ministère de l’Agriculture a délivré une nouvelle autorisation annuelle au produit mais qui est cette fois reconductible tacitement. « C’est un raffinement juridique encore plus pervers qu’une simple autorisation annuelle », explique Maître Bernard Fau, avocat de l’Unaf. Selon lui, quand le ministre de l’Agriculture dit qu’il s’agit d’un autorisation décennale (comme le prévoit la directive européenne) « c’est faux ». Et comme le Conseil d’Etat n’est plus compétent pour juger la légalité des autorisations de mise sur le marché en première instance, la procédure partant du tribunal administratif jusqu’à la cassation va prendre plusieurs années. Et il en est de même pour le Cruiser OSR, utilisable sur le colza, qui a obtenu son AMM cette année. Ce produit va être utilisé sur 40% des surfaces de colza dès 2012 soit 600 000 ha environ. « On dit : les antibiotiques ce n’est pas automatique ! Il devrait en être de même pour les produits phytosanitaires », regrette Olivier Belval.
Autre sujet d’inquiétude pour les apiculteurs : le développement du frelon asiatique. Arrivé en France en 2006, ce prédateur des abeilles prolifère depuis. Les apiculteurs se sentent « désemparés, voire abandonnés », face à cette nouvelle menace, souligne Olivier Belval, « les pouvoirs publics ne font absolument rien ». Les apiculteurs demandent que le frelon soit classé comme espèce nuisible, et que l’Etat aide à la destruction des nids et au piégeage.

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