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Congrès des producteurs de fruits Les arboriculteurs en conflit frontal avec le ministère de l'Agriculture

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Après une matinée constructive consacrée au droit de la concurrence, l'après-midi du congrès des producteurs de fruits s'est clôt par le départ en trombe du représentant du ministère de l'Agriculture sous les huées des producteurs de fruits.

« Ruinés », « dévalorisés », « humiliés »... Les producteurs de fruits ont brandi leur pancarte noire alors que le directeur général adjoint de la DGPAAT (ministère de l'Agriculture), Hervé Durand, s'apprêtait à faire son discours lors du congrès de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), le 29 janvier à Tulle (Corrèze). Une manifestation qui a entraîné de façon quasi immédiate le départ de la délégation ministérielle sous les huées des producteurs. La cause de leur colère : un ministre « omni-absent », selon Luc Barbier, le président de la FNPF. « Je suis blessé en tant qu'homme, en tant que paysan quand on me dit que ce que je fais c'est de la merde. Blessé en tant que responsable professionnel quand je vois comment ce ministre de l'Agriculture nous considère. C'est à la limite de l'humiliation ! Avec sa majorité, il nous enferme dans un dogmatisme idéologique refusant toute forme de progrès économique », lance-t-il à ses adhérents.

Ecophyto 2

Parmi les doléances des producteurs de fruits, Luc Barbier est revenu avec insistance sur le rapport Potier et notamment sur les interdictions de produits phytosanitaires. « Dans le plan Ecophyto 2 (issu du rapport Potier), il n'est relevé nulle part que le travail fournit par les agriculteurs ces 30 dernières années a permis la réduction de moitié des produits phyto », s'indigne Luc Barbier. Selon la FNPF, l'utilisation de phyto est passé de 120 000 tonnes à 60 000 tonnes.

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Pour le biocontrôle, la FNPF n'entend pas non plus se faire dicter sa conduite : « Nous n'avons pas attendu Stéphane Le Foll pour le faire ! Par exemple, nous pratiquons déjà la confusion sexuelle », assure le président de l'association spécialisée de la FNSEA. La question reste également de savoir, dans Ecophyto 2, comment « la plus-value environnementale » sera valorisée économiquement. Lors de ce congrès, Luc Barbier s'est aussi inquiété de la diminution du nombre de paysans, de la suppression des crédits à la recherche ou encore de l'amputation de 90 millions d'euros dans le fonds de fonctionnement des chambres d'agriculture. « Il faut reprendre la communication positive, valoriser nos produits et être fier de nos métiers ! »

Xavier Beulin demande un compte pénibilité « collectif »

« Nous sommes ouverts à une discussion sur un compte pénibilité collectif pour affranchir les entreprises en termes de responsabilité individuelle », a déclaré le président de la FNSEA à Tulles, le 28 janvier, lors du congrès de la Fédération des producteurs de fruits (FNPF). Depuis la mise en place du compte pénibilité, le 1er janvier 2015, les producteurs de fruits ne savent pas comment évaluer de manière réaliste la pénibilité sur leurs exploitations. « L'idée serait d'apprécier la pénibilité par type de métier ou de convention collective. Tel qu'il est aujourd'hui, le compte pénibilité n'est pas adapté à nos très petites entreprises », continue Xavier Beulin qui assure que le « dialogue est de bon niveau » sur ce sujet entre les branches agricoles.