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Biotechnologies Les assureurs peu rassurés par le risque OGM

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Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation européenne sur les organismes génétiquement modifiés se pose la question de la couverture des risques pour les industriels de l’alimentaire qui feront résolument le choix de les intégrer à leurs produits. Un terrain sur lequel planchent activement les professionnels du risque, plus ou moins sceptiques sur la faisabilité d’une couverture des aléas que peuvent causer les transgéniques.

Les usines qui produisent des aliments sont de plus en plus souvent pourvues de « portiques anti-OGM » à l’entrée. L’industrie agroalimentaire s’est prémunie de tous les risques liés aux organismes génétiquement modifiés dans l’alimentation : elle les a chassés autant qu’elle le peut de ses lignes de production. Les consommateurs n’en veulent pas dans leurs assiettes. Les peurs que suscitent les OGM se fondent sur des risques potentiels dont les assureurs ne veulent généralement pas entendre parler. Au point qu’ils sont classés dans les mêmes risques que ceux liés à la vache folle. Cependant, « quelques assureurs acceptent de couvrir le risque OGM sous certaines réserves », indique Benoît Linel, managing director chez Marsh. « Le marché est réticent mais certains, rares, le font », poursuit-il. Pour ce courtier d’assurance, qui se refuse à en dévoiler trop sur ses expériences d’assurance dans ce domaine, le transfert des risques OGM à un tiers est indispensable pour que les industriels puissent les utiliser : « C’est un outil d’innovation et de progrès », soutient-il.

Domaine de l’Etat

Tout le monde n’est pas du même avis. Au sein du groupe de réassurance SCOR, on estime que les assureurs ne sont « pas prêts » à prendre en charge le risque OGM. « Les compagnies d’assurances le déclinent unanimement», estime Nicolas Chatelain, dans un article de la revue Regard du réassureur. Pour lui, il s’agit d’un « risque technologique non maîtrisé dont le développement est encore inconnu. Selon les législations, et en vertu du principe de précaution, la responsabilité des producteurs pourrait être recherchée en cas de dommages consécutifs avérés. Néanmoins, la plus grande part de responsabilité repose aujourd’hui sur les gouvernements, qui décident par voie réglementaire du bien-fondé ou non de la mise en culture ou de la distribution d’un OGM ».

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Mais quels sont donc ces risques, capables de faire fuir les professionnels de la couverture des dommages ? Il y a bien sûr les risques pour la nature, de dissémination dans l’environnement et d’atteinte à l’écosystème. Il y a aussi le risque commercial. Le manque de respect de la nouvelle législation sur l’étiquetage des OGM, par exemple. Sur ce point, le courtier en assurance Marsh estime qu’il est aujourd’hui possible de s’assurer. Cela est, en revanche, plus difficile dès qu’il s’agit de conséquences pour la santé des consommateurs. Le lien pourrait notamment être fait entre certaines allergies et la consommation de protéines issues d’OGM. Ou encore d’autres interactions inattendues entre un organisme transgénique et l’organisme humain.