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Alimentation animale Les atouts mal connus du maïs fourrage

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Selon la commission maïs fourrage mise en place il y a plus de dix ans, l’ensilage de maïs comporte de nombreux atouts bénéfiques pour la qualité des produits agricoles. Pourtant, il semble que le maïs fourrage soit souvent remis en cause et abandonné, parfois au profit d’un retour au système tout herbe. Un récent débat organisé par le Syrpa rappelait qu’il permet pourtant, d’après des études conduites par Arvalis-Institut du végétal, de limiter la lipolyse et l’oxydation dans les produits laitiers, ainsi que les risques sanitaires.

« Réhabiliter l’image du maïs fourrage ». Telle est une des missions que s’est fixé la commission nationale maïs fourrage lors de sa création il y a maintenant plus de 10 ans. Composée de membres d’Arvalis-Institut du végétal, de la Chambre syndicale des entreprises françaises de semences de maïs (Seproma) et de la Fédération nationale de la production de semences de maïs et de sorgho (FNPSMS), cette commission définit des programmes de recherches techniques et économiques sur le maïs fourrage ainsi que des actions de communication. Le 12 mai, elle organisait, avec l’aide du Syndicat des professionnels de la communication et des rédacteurs de la presse agricole (Syrpa), un débat sur les atouts du maïs fourrage dans les exploitations.

Moins de lipolyse et moins d’oxydation dans les produits laitiers

Selon Bertrand Carpentier, responsable de la recherche et développement sur le maïs fourrage au sein d’Arvalis-Institut du végétal, « beaucoup de reproches sont faits, à tort, au maïs fourrage ». Selon de récentes études menées chez Arvalis, il semblerait qu’il soit en effet largement bénéfique à la qualité des produits agricoles, tels que le lait, le beurre, les fromages et les viandes. S’agissant des produits laitiers, le maïs fourrage réduirait nettement les phénomènes de lipolyse et d’oxydation des matières grasses. « Il a donc une incidence directe sur les qualités gustatives des produits transformés », précise Bertrand Carpentier. « Sur l’ensemble des critères liés aux qualités organoleptiques des viandes, le maïs fourrage induit, comparativement à l’herbe conservée, un avantage sur la tendreté et la flaveur», ajoute-t-il.

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Une qualité sanitaire maîtrisée

Concernant les germes butyriques et la listeria, « l’ensilage de maïs n’est pas un facteur de risque », explique le chercheur d’Arvalis. « Contrairement aux idées reçues, un ensilage soigné, avec un pH inférieur à 4, empêche le développement des bactéries», ajoute-t-il. Selon l’étude d’Arvalis, « les foins ne sont pas toujours exempts de risque en la matière, surtout en cas de récolte dans un champ comportant de nombreuses taupinières (ramassage de terre par les machines de récolte) ». Avec tous ces aspects positifs que semblent montrer les ingénieurs d’Arvalis, « pourquoi alors limiter l’utilisation des fourrages dans les produits des signes officiels de qualité comme AB ou label rouge ?», se demande Christophe Cuignet, expert consultant en marketing.