Entre les demandes d'« harmonisation », de « souveraineté alimentaire » et de moyens pour la mise en œuvre des objectifs politiques européens, les coopératives agricoles françaises ont dévoilé leurs priorités pour la PFUE.
Alors que la France vient de prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne pour six mois (PFUE), la Coopération agricole a présenté ses attentes, le 12 janvier, dans une plateforme intitulée « pour une Europe souveraine, inclusive et responsable ». On y retrouve plusieurs propositions adressées en décembre aux candidats à la présidentielle comme l’adaptation de « la politique de la concurrence » entre les États membres, via une harmonisation des normes sociales, fiscales et environnementales.
Plusieurs demandes vont dans le sens de la volonté affichée par le gouvernement français comme la généralisation des « clauses miroirs » pour « une concurrence équitable » avec les pays tiers. LCA réaffirme son « opposition » à l’accord UE-Mercosur et recommande un diagnostic sur la dépendance européenne aux importations « afin d’engager des investissements adaptés ».
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Réserves sur les moyens alloués au Green Deal
Sur le plan de l’investissement et l’innovation, LCA insiste sur l’accompagnement « technique et financier » des entreprises dans la mise en œuvre des objectifs du plan Horizon Europe qui prévoit notamment une réduction de 50 % de l’utilisation des pesticides chimiques. « On ne peut pas réduire notre utilisation de produits phytosanitaires sans solution de remplacement », appuie Bernard Ader, président de la commission Europe à LCA et vice-président de la Cogeca (coopératives de l’UE). « Les coopératives françaises, tous postes confondus, investissent 1,5 milliard d’euros par an. Or, si nous voulons atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2035, il nous faudra investir 9 milliards d’euros chaque année », cite-t-il, à titre d’exemple.
La Coopération émet des réserves sur les moyens prévus pour mettre en œuvre les objectifs du Green Deal et demande « des études d’impacts cumulatives » sur les stratégies européennes. « Pour le moment, les études sur les conséquences de la mise en œuvre [du Green Deal], avec les moyens affichés, aboutissent toutes à une réduction de nos capacités de production, ce qui est contraire aux objectifs de souveraineté alimentaire », affirme son président Dominique Chargé. La Coopération agricole met également l’accent sur la « défense » de la diversité des productions et des labels. « On ne peut pas accepter que certains de nos produits soient exclus des programmes de promotions », a déclaré Bernard Ader, faisant allusion au « serpent de mer » autour d’une possible diminution, voire d’un arrêt, des financements européens pour la promotion du vin et de la viande.