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Réactions Les autorités françaises en appellent à de nouvelles analyses

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C’est avec une très grande rapidité que les autorités françaises ont réagi à la publication de l’étude de Gille-Eric Séralini, mais sans s’engager, laissant aux scientifiques le soin de pousser plus avant les études et de faire leurs commentaires. Il s’agit d’une position que certains qualifieront de prudente et sage, d’autres de frileuse, évoquant des scandales sanitaires précédant où une telle prudence n’avait pas été judicieuse. On peut également remarquer que le ministère de la Recherche n’a pas donné son sentiment. Interrogé par nos soins, il a répondu qu’un communiqué avait été préparé mais retiré à la demande du Premier ministre.

Alors que la conférence environnementale avait soigneusement et habilement su éviter d’aborder un sujet aussi polémique que les OGM, la publication de l’étude de Gilles-Eric Séralini est venue quelque peu perturber ce bel agencement. En déplacement à Dijon, le jour de la publication le Premier ministre a temporisé déclarant que « les conclusions de cette étude menée par des chercheurs français, mettant en cause l’innocuité à long terme du maïs transgénique NK 603 sur les rats, font l’objet d’une saisine immédiate de l’Agence nationale de sécurité sanitaire ». Le lendemain, il se faisait plus défensif, annonçant que si le danger de certains OGM était vérifié, « la France défendrait au niveau européen leur interdiction, après une étude alarmante sur le sujet ».
Ce faisant, Jean-Marc Ayrault ne se démarquait guère des communiqués publiés conjointement par pas moins de trois ministres. Marisol Touraine (Affaires sociales et Santé), Delphine Batho (Écologie, Développement durable et Énergie) et Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, annonçaient dès le 19 septembre avoir saisi immédiatement l’Agence Nationale de sécurité sanitaire, lui transmettant les conclusions de cette étude. Ces dernières seront également communiquées pour analyse par le Haut conseil des biotechnologies. Elles seront également transmises en urgence à l’Autorité européenne de sécurité des aliments. « En fonction de l’avis de l’ANSES, le gouvernement demandera aux autorités européennes de prendre toutes les mesures nécessaires en termes de protection de la santé humaine et animale, mesures qui pourront aller jusqu’à suspendre en urgence l’autorisation d’importation dans l’Union européenne du mais NK 603, dans l’attente d’un réexamen de ce produit sur la base de méthodes d’évaluation renforcées ».
 
Revoir les protocoles d’autorisation
Prenant davantage parti dans le débat, le communiqué poursuit que cette « étude semble confirmer l’insuffisance des études toxicologiques exigées par la règlementation communautaire en matière d’autorisation de mise sur le marché de produits transgéniques. Elle valide la position de précaution prise par le gouvernement français sur le moratoire des cultures OGM ». Stéphane Le Foll a par ailleurs précisé, le 26 septembre, qu’il était nécessaire de revoir les protocoles d'autorisation des produits OGM à l'échelle européenne, et ce, que l'étude choc menée par le professeur Gilles-Eric Séralini soit validée ou non. « On sait aujourd'hui qu'il y a des failles » dans ces protocoles, a ajouté le ministre, évoquant notamment les durées trop courtes des études d'impact et de toxicité (90 jours), ou le fait qu'il n'y ait pas de comparaison risques/avantages, comme cela se fait pour les médicaments. Une situation en partie due au poids des industriels du secteur, a reconnu le ministre: « Ils imposent une partie de la loi », a-t-il déclaré.
Aux Français qui, sont selon un sondage Ifop réalisé pour Dimanche Ouest France, 79% à s'inquièter de la présence éventuelle d'OGM dans l'alimentation, dont 38% sont « très inquiets », le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon a rappelé qu'il existait un étiquetage sans OGM pour aider les consommateurs à faire leurs choix. Les services de la Répression des fraudes effectuent régulièrement des contrôles destinés à vérifier la conformité de l'étiquetage des denrées alimentaires et à s'assurer de l'absence de traces d'OGM non autorisés, précise le communiqué diffusé par les services du ministre. S'il est obligatoire d'indiquer la présence d'OGM dans les produits alimentaires depuis 1997, ce n'est que depuis le 1er juillet qu'une règle d'étiquetage, facultative, permet d'identifier les ingrédients d'origine animale sans OGM. Ces aliments sont repérables grâce aux mentions « Nourri sans OGM » ou « Issu d'animaux nourris sans OGM ».

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