Le Sommet des consciences pour le climat réunissait les autorités religieuses et les philosophes de tous les continents à Paris, le 21 juillet. L'objectif ? Diffuser la prise de conscience individuelle du dérèglement climatique au plus grand nombre.
« Aujourd'hui est un moment de pause. Ce n'est pas simple pour un pays laïque comme la France, mais il faut permettre à toutes les religions et philosophies de participer à la réflexion sur le climat », a déclaré le président de la République François Hollande à Paris, le 21 juillet, en ouverture du Sommet des consciences pour le climat. L'enjeu énergétique et de sécurité alimentaire de la conférence Paris Climat 2015 est rappelé. Mais il faut aussi une prise de conscience individuelle. « Les citoyens, d'une certaine façon, se reconnaissent dans les cultes et la philosophie que vous portez », poursuit le président devant les autorités morales et religieuses réunies dans l'enceinte du Conseil économique, social et environnemental. Les réflexions ont dépassé le seul cadre du dérèglement climatique. « La crise climatique ne se réduit pas à être technique, scientifique, économique, politique… c'est une crise de sens », développe François Hollande.
La spiritualité, pour une prise de conscience globale ?
« La COP21 sera un succès si et seulement si une conscience globale s'opère pour limiter les émissions de gaz à effet de serre », a rappelé Kofi Annan, président de la fondation du même nom et ancien secrétaire général des Nations unies. Après les élus à Lyon, les scientifiques à Paris, les autorités religieuses et morales ont réfléchi à leur tour sur le dérèglement climatique. Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la nature, espère que la diffusion de cette réflexion se répandra sur tous les continents dans le respect des croyances et des philosophies. « Nous avons une journée de prière consacrée à l'environnement, le 1er septembre », expliquait plus tôt dans la journée sa Sainteté Bartholomée 1er, patriarche œcuménique de Constantinople. Pour le professeur Abdou Filali-Ansari, directeur de l'Institut pour l'étude des civilisations musulmanes à l'université d'Aga Kahn, respecter la planète est un devoir sacré : « Je ne fais pas l'apologie d'une religion ou d'une autre. La plupart des religions et des philosophies offre des enseignements pour l'environnement ».
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La politique doit passer à l'action
« Nous avons joué avec le feu. “Il faut croître, consommer de plus en plus”… mais à la fin de la journée, notre maison commune va être incendiée », souligne Nathan Kyamanywa, évêque de Bunyoro Kitara en Ouganda. Le Sommet des consciences pour le climat était le moment de mettre en évidence des convergences religieuses et philosophiques sur les questions climatiques. Mais l'urgence d'agir est toujours là. Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, s'est adressée à la tribune du CESE en ces termes, suite notamment au témoignage du porte-parole du peuple Guarani-Kaoiwa (1) : « Vous avez été entendus (…) Il ne suffit pas de gagner la bataille des idées. Il faut maintenant gagner la bataille de l'action ». Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, enfonce le clou : « La conscience est le terreau qui fait tout croître (…). Mais ce sont les gouvernements qui, le 11 décembre, décideront ». C'est noté.
(1) voir l'article précédent