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Les aviculteurs « redoublent de vigilance » face au risque d’influenza

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Le 25 octobre, la France a relevé son niveau de risque pour l’influenza aviaire hautement pathogène. Les éleveurs de volailles sont inquiets, mais pas démunis face à cette maladie bien connue.

Après la découverte, le 20 octobre, de deux cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) aux Pays-Bas, le ministère de l’Agriculture a relevé le niveau de risque de « négligeable » à « modéré » sur l’ensemble du territoire métropolitain, indique un communiqué le 25 octobre. Le sérotype H5N8 de la maladie a été détecté sur deux cygnes tuberculés près d’Utrecht (Pays-Bas), à environ 250 km de la frontière française. « Ces cas alertent sur le risque d’introduction en France à partir de la circulation du virus dans les couloirs de migration actuellement empruntés par les oiseaux sauvages », prévient la Rue de Varenne.

Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie appelle éleveurs, chasseurs et particuliers « au strict respect des mesures de biosécurité » et à pratiquer une « surveillance accrue », indique le communiqué. Un arrêté paru au Journal officiel le 25 octobre entérine le relèvement du niveau de risque à partir du 26 octobre, ce qui implique dans tout le territoire une « surveillance clinique quotidienne dans les élevages commerciaux » de volailles. Des mesures supplémentaires sont prévues dans les zones à risque particulier (ZRP), c’est-à-dire les secteurs « abritant des zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs » ; les éleveurs de volailles doivent y confiner leurs animaux ou les protéger par un filet « avec réduction des parcours extérieurs ». Y sont aussi interdits les lâchers de gibiers à plumes et les rassemblements d’oiseaux.

« Nous ne sommes pas désemparés »

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En 2016-2017, l’épidémie d’influenza avait fortement pénalisé la filière avicole, notamment les palmipèdes gras et les volailles sous label. La France était en risque « négligeable » depuis 2018, et l’hiver est habituellement une période propice à la circulation de l’influenza aviaire. Mais cette année, « on est forcément plus inquiets que d’habitude, parce que la probabilité que la maladie arrive en France est plus importante », souffle Yann Nedelec, le directeur de la CFA (aviculteurs, FNSEA). Et d’appeler les éleveurs à « redoubler de vigilance ». « Nous ne sommes pas désemparés » face à cette maladie, rappelle-t-il. Un exemple : « Chaque année, même en risque négligeable, les éleveurs sont tenus d’avoir la capacité de claustrer les animaux de mi-novembre à mi-avril ». Sans aucun doute, les mesures de lutte contre l’influenza (confinement des volailles dans les ZRP) auront un impact économique. Mais le cadre réglementaire (arrêté du 16 mars 2016) prévoit des dérogations, notamment pour les volailles sous signe de qualité et les élevages de gibier. Selon Yann Nedelec, l’inquiétude se fait plus forte dans la filière canard gras, qui craint le double effet de l’influenza et du reconfinement.

Volailles confinées dans les zones à risque particulier (ZRP)