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Solidarité Les Banques alimentaires doivent trouver de nouvelles ressources

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Les ressources sur lesquelles pouvaient compter les Banques alimentaires pour assurer la couverture des besoins des personnes démunies se raréfient. L’évolution de la Pac n’est pas étrangère au phénomène et leur Fédération nationale étudie avec les industries alimentaires et la distribution des solutions de rechange.

Le dernier week-end de novembre a eu lieu la collecte nationale des Banques alimentaires dans les grandes surfaces, une opération de plus en plus nécessaire pour abonder et diversifier les dons qui sont faits aux fournisseurs des Restos du cœur, de la Croix-Rouge, du Secours Catholique et autres organismes chargés d’aider les plus démunis sur le plan alimentaire.

Alors même que la « demande » ne cesse de croître (les Restos du cœur par exemple ont multiplié par dix en dix ans le nombre de repas distribués), la ressource se raréfie.

La baisse progressive des tonnages de denrées provenant de l’Union européenne incite les Banques alimentaires à revoir leur politique d’approvisionnement, estime le président de leur fédération nationale (FFBA), Pierre de Poret. En 2005, l’UE représente encore 30 % des sources d’approvisionnement des banques alimentaires, mais cette manne pourrait se raréfier, indique la dernière Chronique de la FFBA, par simple effet mécanique dû à l’élargissement de l’Europe à 25, et parce que la nouvelle Pac réussit à limiter voire à éliminer tout stock d’intervention : or, c’est sur le recours à ces stocks qu’a été entièrement basé le Programme européen d’aide aux plus démunis. Concrètement en 2004, cela s’est traduit pour la France par l’absence de denrées carnées en provenance de l’Europe. Pour les Banques alimentaires, comme pour les autres associations bénéficiaires, le problème du renouvellement des sources d’approvisionnement devient un véritable défi.

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Pour une démarche de partenariat originale

La FFBA veut donc intensifier ses partenariats avec les différentes filières de l’industrie agroalimentaire, dans le cadre d’une démarche originale : «le marché français n’a plus guère de surplus, on pourra certes toujours dénicher des produits à la marge en se tournant vers les organisations professionnelles, mais c’est une vraie politique nationale qu’il faut définir, dans laquelle l’Ania sera aux côtés des Banques alimentaires», déclare Benoît Mangenot, directeur général de l’association. Eric Dehen, directeur de la division intervention programmes sociaux de l’Onilait, incite à cette même réflexion, mais au niveau européen. Selon lui, une action de lobbying doit être menée pour que soit trouvée une alternative aux stocks d’intervention.

La FFBA souhaite aussi qu’on permette un élargissement des pratiques du troc de sorte qu’en échange d’une matière première quelle qu’elle soit, il soit possible d’obtenir des produits finis nécessaires à une alimentation de qualité. L’office des fruits et légumes (Oniflhor) travaille enfin sur la possibilité de la transformation des fruits et légumes en produits de conserve ou à boire, grâce à un partenariat négocié avec l’industrie qui fournirait des portions individuelles distribuées gratuitement aux Banques alimentaires.

Une autre voie est explorée avec la grande distribution pour diversifier l’approvisionnement des Banques alimentaires. Jérôme Bédier, président de la FCD, programme ainsi deux rendez-vous, l’un pour améliorer les efforts de logistique des produits frais dans les coins les plus reculés, l’autre pour établir un bilan des collectes nationales des trois dernières années et voir comment améliorer leur performance.