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Aide aux démunis Les banques alimentaires à la recherche d’un élargissement des sources de dons

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Trouver de nouvelles sources de produits alimentaires et de nouveaux donateurs : tel est l’objectif aujourd’hui des Banques alimentaires qui ont proposé le 10 octobre à la FNSEA, l’Ania et à la fédération des grandes surfaces d’y travailler. En même temps, la Fédération des banques alimentaires se joint à la campagne destinée à réduire le gaspillage alimentaire.

La France pourra continuer à affecter 70 millions d’euros à l’aide alimentaire aux personnes déshéritées. C’est ce qu’a confirmé Guillaume Garot, ministre délégué à l’agroalimentaire face aux responsables des Banques alimentaires réunis à Paris pour leur rencontre annuelle. Le Parlement est d’ailleurs en passe de voter une loi qui permettra à FranceAgriMer de continuer à gérer ce budget devenu un FEAD (Fonds européen d’aide alimentaire aux démunis) qui ressort du budget social de l’Europe en lieu et place du PEAD (Programme…) qui dépendait jusque-là de la politique agricole commune.
 
Un Guide pratique du don
Le risque de voir ces fonds disparaître conjuré, les Banques alimentaires n’en ont pas moins une obligation : élargir la source de nourriture à redistribuer, notamment en faisant appel à de nouveaux donateurs. D’où la tenue d’une table ronde le 10 octobre avec Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, Jean-Philippe Girard, président de l’Ania (Industrie agroalimentaire), Jacques Creysell, directeur général de la FCD (distributeurs). Objectif de la table ronde : faire émerger des idées et propositions pour augmenter les dons à redistribuer. Depuis le Guide pratique du don publié de nouveau par la FCD jusqu’à la création de Solal (Solidarité alimentaire) par la FNSEA à l’initiative de Jean-Michel Lemétayer, les initiatives institutionnelles ne manquent pas. Christiane Lambert expliquait d’ailleurs que Solal allait procéder à une cartographie de ce qui se fait en matière de dons. L’organisation vient de porter Angélique Delahaye à sa présidence. Jacques Creysell suggérait également que l’ensemble des organisations concernées se réunissent au moins une fois par an pour un bilan et faire des propositions. Pour les distributeurs, expliquait-il, la question principale en matière de dons est celui des commerces de proximité. Autant le système fonctionne bien pour les hyper et supermarchés autant il y a des freins pour les commerces de proximité : freins logistiques, de taille, de stockage, de personnel. C’est avec ce type de magasins que le volume des dons pourrait être augmenté.
 
Défiscaliser le don en nature
Pour les IAA, Jean-Philippe Girard mettait en avant l’expérience bourguignonne de Fondalim, la structure spécialisée pour ces dons et faisait deux suggestions : la création d’un numéro vert avec des agents capables de répondre à tout responsable recherchant un destinataire pour des dons ; la solution au problème souvent posé de responsabilité en matière de sécurité alimentaire : faut-il faire intervenir un assureur ?, demandait-il. Autre idée : proposer à chaque donateur de communiquer le nom d’un ami afin d’élargir le réseau. Christiane Lambert suggérait, pour sa part, que la profession agricole responsabilise dans chaque département une personne chargée de débusquer des donateurs. Et qu’une réunion annuelle entre les acteurs concernés dans chaque département permette de faire avancer la cause de l’aide alimentaire. Mais surtout, elle rappelait que les agriculteurs, lorsqu’ils font des dons en nature, n’ont aucun avantage fiscal contrairement aux dons financiers faits par les particuliers dont une part est défiscalisée. Harmoniser ces régimes susciterait très certainement des vocations. De même que la mise en avant médiatique de quelques actions pilotes. Abordant la question du gaspillage alimentaire, elle suggérait de mobiliser les jeunes, eux qui ont été si sensibles à un objectif comme le tri des déchets.
 
Une proposition de loi au Sénat pour FranceAgriMer
Le Sénat votait le 9 octobre une proposition de loi d’un parlementaire destiné à adapter le statut de FranceAgriMer à deux fonctions dont l’une est nouvelle : d’une part, l’office agricole doit pouvoir intégrer l’aide alimentaire aux démunis depuis qu’elle est devenue une politique de l’action sociale et non plus une branche de la politique agricole. Les discussions européennes ont en effet mis ce programme (PEAD) sur le compte de la politique sociale de l’UE et non plus de la Pac. FranceAgriMer, qui gérait déjà ce PEAD (programme européen d’aide alimentaire aux démunis) se voit donc reconnu une mission sociale pour continuer à gérer ce qui devient un fonds (FEAD). Par ailleurs, FranceAgriMer est devenu l’organisme accueillant le Commissaire général à l’exposition universelle de Milan en 2015 et son équipe. La proposition de loi lui permettra surtout de lancer des appels d’offre dans les formes spécifiques adaptées à ce type de projet (manifestations et constructions temporaires). Cette proposition devrait être votée d’abord au Sénat puis à l’Assemblée nationale.

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