425 barrières commerciales – toujours actives – érigées par 59 pays tiers et 45 barrières nouvelles avec un préjudice de plus de 50 milliards d’euros pour les exportations de biens et services des États membres de l’UE. C’est ce qui ressort du rapport annuel que vient de publier la Commission européenne sur Les obstacles au commerce et à l’investissement sur les marchés étrangers en 2018.
« Les exportateurs de l’UE sont de plus en plus confrontés à des obstacles complexes et plus systémiques sur des marchés étrangers importants, confirmant une fois de plus la tendance à l’augmentation des tensions commerciales et des mesures protectionnistes à travers le monde », a affirmé, Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée du commerce extérieur, lors de la présentation le 17 juin 2019 de son rapport annuel sur Les obstacles au commerce et à l’investissement sur les marchés étrangers en 2018. Selon ce document, ce sont au total 45 nouveaux obstacles commerciaux dans 23 pays tiers (1) qui ont été enregistrés en 2018. Ces nouvelles barrières commerciales ont affecté le commerce de l’UE dans 13 secteurs économiques spécifiques. Le plus grand nombre de nouveaux obstacles a été signalé dans le secteur des vins et spiritueux (9 au total) et dans celui de l’agriculture et de la pêche (8), suivis des cosmétiques (4) et des automobiles (3). Les flux commerciaux affectés par les nouvelles barrières en 2018 représentent des exportations de l’UE à 28 d’une valeur de 51,4 milliards d’euros, un chiffre qui a plus que doublé par rapport à 2017 (23,1 milliards d’euros), alors que, cette année-là, 67 nouveaux obstacles commerciaux avaient été identifiés.
Les quatre pays tiers à l’origine du plus grand nombre de nouvelles mesures commerciales restrictives sont dans l’ordre l’Algérie, l’Inde, la Chine et les États-Unis avec un impact sur les flux commerciaux d’une valeur totale de 41,8 milliards d’euros dont 25,7 milliards d’euros pour la seule Chine. Ce pays arrive en tête dans le groupe des 10 pays tiers qui mettent des freins aux exportations de l’UE. La Chine a notamment introduit diverses mesures de restriction des échanges dans le domaine des industries de haute technologie, qui ont également été complétées par des considérations de politique industrielle globales et diverses distorsions commerciales dans le cadre de la stratégie « Made in China 2025 ». Elle a également adopté des normes en matière de réglementation des aliments qui établissent des paramètres restrictifs sur les levures qui ont empêché l’exportation de certains fromages européens – notamment français – ou qui ont retardé les procédures d’autorisation pour l’exportation de lait stérilisé avec, au total, un préjudice commercial estimé à 469 millions d’euros en 2018. Sans compter les mesures sanitaires sur des produits alimentaires (porc notamment) ou encore l’embargo pur et simple sur des produits comme le sel. Toutes les importations de sel ont été en effet stoppées par les douanes chinoises et les règles prévoient que seules les entreprises de vente en gros de sel désignées peuvent vendre du sel au détail en Chine.
Cependant, en ce qui concerne les mesures à la frontière, c’est-à-dire les restrictions qui touchent directement les importations et les exportations, généralement par le biais d’augmentations tarifaires, de restrictions quantitatives, de certaines mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS), l’octroi de licences d’importation ou par le biais d’interdictions commerciales absolues, c’est la Russie qui est le pays tiers ayant enregistré le plus grand nombre de mesures de ce type (16 au total), suivie de l’Indonésie (13) et des États-Unis (13).
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