Abonné

Sucre Les betteraviers demandent à l’Europe une meilleure anticipation du marché

- - 4 min

La tension qui persiste sur le marché du sucre devrait inciter la Commission européenne à prendre des mesures concrètes réglementaires pour mieux anticiper les conditions d’équilibre à venir. C’est ce que demande la confédération des betteraviers français, à la veille de la période des semis. Selon la CGB, l’UE a la possibilité de délivrer dès aujourd’hui des certificats d’exportation à valoir sur la campagne à venir, ce qui permettrait d’ajuster les semis de betteraves. Pour l’immédiat, les betteraviers justifient la possibilité de reclasser du sucre hors quota en quota, de manière à faire face au déficit du marché. Pas besoin d’importer du sucre puisqu’il en existe encore en Europe.

La Commission européenne traîne. C’est ce que pensent et ce que disent les betteraviers français réunis au sein de la CGB, impatients de voir l’Europe utiliser toutes les possibilités réglementaires qui existent dans l’actuel règlement sucre. Le marché mondial est tendu, conduisant le prix européen à être inférieur aux cours internationaux, malgré des stocks réduits au minimum dans l’UE (300 000 tonnes). Autant d’éléments qui devraient conduire la Commission européenne à prendre des décisions de gestion, ce qu’elle ne fait pas. Des mesures étaient attendues lors du comité de gestion du 10 février. « La Commission y travaille encore », fut la réponse de ce comité. Deux mesures étaient pourtant envisagées : d’une part un reclassement du sucre hors quota en quota, de manière à remettre une partie des 500 000 tonnes disponibles en Europe sur le marché de la consommation.
D’autre part, ce que les betteraviers jugent superflu, l’ouverture d’un contingent d’importation de sucre hors droits de douane. L’hostilité des planteurs y est d’autant plus grande que déjà une suppression des droits de douanes pour un contingent de 600 000 t avait été décidée en fin d’année dernière.

Des certificats d’exportation à valoir sur 2011-2012

Tout cela montre que l’Europe manque de sucre mais que les producteurs européens eux-mêmes pourraient y pourvoir. Ce qui est vrai de la campagne actuelle l’est aussi de la prochaine. L’exportation, autant que la consommation intérieure, représente des débouchés importants. Le tout, c’est d’anticiper, notamment pour les semis qui vont très bientôt être réalisés. C’est pour cela que la CIBE (Betteraviers européens) et la CGB réclament l’assurance de pouvoir disposer de certificats d’exportation utilisables sur la campagne 2011-2012. « Comment peut-on décider à bon escient les semis de mars alors que les mesures de gestion du marché nous sont encore inconnues ? », regrette Eric Lainé, le président de la CGB, réélu il y a quelques jours.
Il ne s’agit pas pour les betteraviers de faire exploser les quotas ou de vouloir qu’on libéralise les certificats d’exportation. C’est bien dans le cadre du règlement sucre qu’ils se positionnent. « On demande une application du règlement dans toutes ses composantes, ni plus ni moins », poursuit Eric Lainé.
En fait, la Commission, qui avait prévu que l’excédent de consommation européenne serait compensé par des importations, n’avait pas prévu que les prix flamberaient autant sur la planète. Du coup, les fournisseurs de l’Europe ont préféré vendre là où les prix sont plus élevés et exportent moins que prévu sur le Vieux continent. Peu importe, disent en substance les betteraviers : utilisons ce qu’on a produit nous-mêmes.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre