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Sucre Les betteraviers européens confiants, les raffineurs inquiets

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Les betteraviers européens sont confiants : selon eux, les Vingt-sept devraient finalement décider de prolonger les quotas de production de sucre. De leur côté, les raffineurs de sucre de canne de l’UE ne veulent pas être traités comme des « opérateurs résiduels » sur le marché communautaire.

 

La Confédération internationale des betteraviers européens (Cibe) l’assure, dans un communiqué publié le 3 décembre : « Le 28 novembre, lors du débat au Conseil agricole, 14 États membres de l’UE représentant près de 2/3 des voix, et non pas 1/2 comme déclaré par la présidence chypriote et par le commissaire à l’agriculture Dacian Ciolos, ont clairement réitéré leurs profondes inquiétudes relatives à la proposition de la Commission de mettre fin au régime sucre et à son système de quotas d’ici 2015, et ont demandé sa prolongation jusqu’en 2020 » (1).
La Cibe se dit donc « confiante » que les futures discussions des Vingt-sept confirmeront que le maintien de ce régime « au moins jusqu’en 2020 » constitue « la direction la plus appropriée, cohérente avec les objectifs définis de la réforme de la Pac ».
Vis-à-vis du Parlement européen, les betteraviers de l’UE « restent vigilants et notent qu’aujourd’hui une majorité des membres de la commission de l’agriculture soutient le projet de rapport de M. Dantin, qui propose la prolongation des dispositions pour le sucre jusqu’en 2020, la consolidation du cadre contractuel entre planteurs et fabricants et la mise en place de mesures flexibles afin de gérer le marché européen du sucre sans heurt ».

Un risque de déstabilisation si...

La Cibe note par ailleurs que, « depuis 2009, le marché européen du sucre est totalement ouvert (sans quotas, sans droits de douane) à l’ensemble des pays producteurs de canne du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et des pays les moins avancés (PMA) ». Selon elle, « ce processus de libéralisation (…), qui a eu lieu pendant une période de turbulence inattendue sur les marchés mondiaux du sucre, a amené de la volatilité sur le marché de l’UE ».
Dans ce contexte, les betteraviers européens considèrent que « la demande injustifiée et inacceptable des raffineurs de sucre brut de canne d’un accès privilégié à du sucre sans droits de douane en provenance du marché mondial, déstabiliserait l’équilibre du marché de l’UE, contournerait les partenaires préférentiels ACP/PMA et remettrait complètement en cause les efforts (financés partiellement par des fonds publics), les investissements et la compétitivité aussi bien du secteur betteravier européen que du secteur sucrier des ACP/PMA ».

« Opérateurs résiduels »

Quatre jours auparavant, le 30 novembre, l’Association européenne des raffineries de sucre (Esra), avait, dans un communiqué, recommandé au Parlement européen d’ « éviter une législation qui détruirait largement l’industrie du raffinage de sucre de canne » dans l’UE et « pourrait endommager irrémédiablement la concurrence sur les marchés alimentaires ».
L’Esra, qui représente 26 raffineries de sucre de canne à plein temps dans huit États membres de l’Union, demande aux députés de ne pas se prononcer pour des dispositions qui : sans accès des raffineries à la matière première, entraîneraient la perte de quelque « 4 500 emplois directs » ; permettraient aux « cinq compagnies qui dominent actuellement la production de sucre en Europe » de contrôler encore plus le marché ; seraient « en contradiction avec les objectifs de la Pac », alors que, « entre 2006 et 2010, l’Europe a dépensé 5 milliards d’euros pour réduire les quotas de production de sucre de betterave et favoriser un marché du sucre durable et compétitif ».
En tout cas, les raffineurs de canne ne veulent pas être « traités comme des opérateurs résiduels sur le marché du sucre, après que les autres intervenants en aient reçu leurs parts ».

(1) Voir n° 3376 du 03/12/12

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