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Assemblée générale de la CGB Les betteraviers préparent l’après-quota pour 2017

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Des efforts sont engagés par les betteraviers pour réduire l’écart de compétitivité avec le Brésil, premier producteur mondial. Leur attention est aussi portée sur l’éthanol, qui jouera un rôle plus important dans l’équilibre des marchés, de même que sur les concessions faites par l’Europe à l’entrée de sucre à l’occasion d’accords bilatéraux. Une préoccupation immédiate : l’assujetissement prévu des biocarburants à la Contribution énergie climat. Un dispositif « contre nature » pour ses énergies biosourcées, selon la CGB. La CGB estime justifiée que les énergies biosourcées échappent à la Contribution énergie climat.

Les betteraviers ont encore trois campagnes à semer avant l’échéance 2017 qui verra la fin des quotas de sucre dans l’UE. C’est ce à quoi se préparent les planteurs réunis au sein de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves), dont l’assemblée générale a eu lieu le 10 décembre. « La fin des quotas représente une opportunité de croissance », a jugé le directeur adjoint Roland Cuni, en avançant divers prérequis. « Il faut motiver les planteurs à produire plus, via des conditions d’achat et de prix attractives », d’après lui. Mais, en tête de sa liste, figure la baisse des coûts de production. Leur niveau en France est actuellement supérieur de 20 % à celui au Brésil. « Cet écart de compétitivité n’est pas insurmontable, a insisté Roland Cuni. Reste néanmoins d’énormes efforts à faire. » Le progrès génétique se traduira, d’après lui, par une baisse de 3,5 % sur les coûts de production. S’y ajoutent -2 % liés à l’allègement de la facture énergétique des sucreries, -3 % dus à l’allongement des durées de campagne. Au total, les gains de compétitivité des betteraviers atteindraient 10 %, en tenant compte aussi de l’optimisation des charges fixes et de la logistique d’exportation.
 
Plus proches du prix mondial
Au fil d’une table ronde sur « le contexte mondial et européen post-2017 », la question du prix est revenue à maintes reprises. C’est une grosse inquiétude du secteur. Les cours sur le marché international du sucre sont aujourd’hui bien différents de ceux pratiqués dans l’UE. A 19 cents USD la livre Fob, le prix mondial équivaut à 340 euros la tonne départ usine. Un chiffre à comparer aux 700 euros/t en Europe sur 2012. Tous deux vont inévitablement se rapprocher.
Si les quotas feront défaut aux betteraviers français en 2017, le dispositif interprofessionnel, avec principalement la négociation collective des prix, a bien été confirmé par la réforme du régime sucre. Néanmoins, la situation des marchés sera beaucoup plus volatile pour les Européens. Parallèlement, la demande de sucre pourrait se réduire en raison de la fin des quotas d’isoglucose qui pourrait connaître un « développement modéré », selon le directeur général de la CGB, Alain Jeanroy. Autre phénomène : « l’éthanol va jouer un rôle plus important dans l’équilibre des marchés », prévoit la confédération, très attentive au taux d’incorporation qui devrait être prochainement décidé par l’Europe.
 
La clé au Brésil
« Le Brésil détient la clé de l’évolution des prix », a souligné le directeur général de Sucden Sami Demal. D’après lui, une fourchette est en place, de 17 à 20 cents USD la livre. Elle dépend en grande partie de la production au Brésil, numéro un mondial du sucre. Or, les observateurs s’interrogent sur la capacité du pays à rebondir après quatre années de stagnation. « Il faudrait des prix supérieurs à 23 cents pour inciter le Brésil à réinvestir dans des capacités de production », a estimé Plinio Nastari, président de Datagro. Une bonne nouvelle pour les betteraviers. « À ce prix là, on sera présent », a lancé Roland Cuni.

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