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Confiserie-Chocolat/UE Les biscuitiers-chocolatiers européens dénoncent une Pac sans vision

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« Nos préoccupations majeures sont liées à la nécessité d’avoir un accès aux matières premières en qualité et en quantité pour nos entreprises, à la possibilité pour nos industries membres de pouvoir communiquer sur les bienfaits de leurs produits ainsi qu’au développement alarmant des taxes discriminatoires sur les aliments riches en sucre ou en graisses ». Dans son rapport annuel pour 2011, Caobisco, le lobby de l’industrie européenne de la confiserie, de la biscuiterie et du chocolat, dénonce « l’absence de vision des mesures proposées par l’UE dans le cadre de la Pac ».

Dans leur avant-propos au rapport annuel 2011 de Caobisco, le président, Didier Focking, et la secrétaire générale, Sabine Nafziger, insistent sur la nécessité pour leurs industries d’avoir « une vision globale et durable sur la façon de continuer à se développer, particulièrement en cette période d’incertitude ». Une des préoccupations majeures de l’industrie de la confiserie, de la biscuiterie et du chocolat est l’accès à des approvisionnements adéquats en matières premières qui soient « sûres, de haute qualité et à un prix concurrentiel ». En 2011, écrivent les auteurs du rapport annuel, « les industries utilisatrices de sucre ont rencontré de grandes difficultés à trouver des volumes de sucre nécessaires pour continuer à produire. De leurs côté, les estimations d’importation de la Commission européenne avaient une fois de plus diminué en volume, « ne laissant aucune marge de manœuvre en vue de prendre d’autres mesures pour améliorer la situation ».

« Etre en mesure, nous aussi, de communiquer sur nos produits »
Caobisco dénonce le fait que, selon lui, la dernière version disponible du projet de proposition de la Commission sur les profils nutritionnels (à respecter par tout opérateur qui souhaite faire des allégations nutritionnelles ou de santé sur les étiquettes de ses produits) ) « exclut totalement le secteur du chocolat et celui des produits à base de cacao ainsi que certains produits de la confiserie de sucre de la possibilité de communiquer ». Quant aux critères proposés pour la boulangerie fine, « ceux-ci sont tout sauf appropriés pour ce secteur ». Résultat : « Seule une infime partie des produits de la confiserie, de la biscuiterie et du chocolat serait en mesure de faire appel à des allégations ». Le rapport affirme que « la capacité à innover et à demeurer concurrentiel est essentiel pour ses industries membres » et que les entreprises souhaitent, elles aussi, « être en mesure d’informer les consommateurs sur les produits nouveaux et améliorés ». Sans cette possibilité de communiquer aux consommateurs les efforts de l’industrie entrepris pour améliorer la composition nutritionnelle de ses produits, « les incitations à la recherche, à développer et à innover dans notre secteur seraient considérablement réduites ». En conséquence, Caobisco demande à la Commission d’amender son projet de texte sur les profils nutritionnels en introduisant dans l’annexe du règlement sur les allégations nutritionnelles et de santé, « la possibilité pour son secteur d’alléguer sur ses étiquettes « une réduction d’au moins 15% pour les calories, les graisses saturées, les sucres et le sel ».

Haro sur les « fat taxes »
Caobisco exprime aussi « ses graves préoccupations au sujet de cette tendance alarmante qu’ont certains États membres à imposer ou à augmenter les taxes sur les confiseries et les produits de la boulangerie fine qu’ils considèrent comme des outils pour la promotion de régimes alimentaires plus sains ». Le lobby de la confiserie n’y voit là que « des mesures fiscales discriminatoires qui posent de graves problèmes de compatibilité avec le bon fonctionnement du marché intérieur de l’UE ». Selon le lobby, « aucune preuve scientifique ne fait le lien entre l’introduction de taxes sur les aliments et un bienfait pour la santé ». Pire : ce type de taxe « est économiquement régressif car il frappe les populations à faible revenu des populations car il est bien connu que celles-ci dépensent une part plus importante de leur revenu pour se nourrir ». Caobisco estime « qu’il n’y a pas d’aliments sains ou malsains, mais seulement des régimes alimentaires sains et malsains.

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