Les experts du marché céréalier misent sur divers importateurs pour les blés français de la campagne 2018/19 : Égypte, Algérie, Maroc, Chine, Cuba, Yémen, Afrique subsaharienne, Angola. FranceAgrimer a révisé en hausse son estimation d’exportations de blés français vers les pays tiers
Les blés français, actuellement les moins chers dans le monde avec les blés américains, sont en train de marquer des points sur le marché mondial, notamment parce que la Russie et l’Ukraine leur laissent la voie libre, faute de blé à vendre, a indiqué FranceAgriMer, le 13 mars, à l’issue de son conseil spécialisé « céréales » mensuel. La Russie aurait exporté 29 millions de tonnes (Mt) de blé sur son programme de campagne 2018/19 de 35 Mt. Elle disposerait encore de 4 à 6 Mt exportables, localisées dans régions éloignées des ports de la mer Noire, donc plus onéreuses à acheminer vers les navires d’expédition, a expliqué Marc Zribi, chef de l’unité « grain et sucre » à FranceAgriMer. La Russie diffère la commercialisation de ces stocks éloignés à une période où le marché mondial en aura le plus besoin, au moment de la période de soudure entre les deux campagnes.
Retour en Égypte après des années d’absence
Les blés français bénéficient d’une conjoncture particulièrement porteuse. Le dollar s’affaiblit par rapport à d’autres monnaies, et l’euro s’affaiblit face au dollar, ce qui au bout du compte rend les exportations européennes les plus compétitives, a mentionné Marc Zribi. Outre la compétitivité « coût », les blés français du millésime 2018 bénéficient d’une compétitivité « qualité » : ils répondent aux critères que recherchent les meuniers : taux de protéine plutôt élevé, degré satisfaisant de viscosité de la farine, taux de gluten correct, a-t-il détaillé. Les blés français « sont ainsi en mesure de répondre à une large palette d’acheteurs ». Le blé français et le blé américain ont fait leur retour en Égypte après des années d’absence sur ce marché, a précisé Marc Zribi.
En cumul sur les huit premiers mois de la campagne 2018/19, les exportations de blé tendre vers les pays tiers ont été supérieures à celles des deux précédentes campagnes sur la même période. L’Algérie est la première destination (66 %) des exportations vers les pays tiers, tandis que les chargements vers le Maroc « ont permis de garder un bon niveau d’exportation », selon FranceAgriMer. L’Afrique subsaharienne « reste la deuxième destination, avec 14 % des expéditions ». L’export vers la Chine et Cuba représente quant à lui 7 % des exportations vers les pays tiers.
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« Un certain optimisme » des opérateurs
Au total, les experts de FranceAgriMer constatent que la France dispose d’un ensemble varié de pays importateurs : Égypte, Tunisie, Algérie, Maroc, Chine, Cuba, Yémen, Afrique subsaharienne, Angola. « On note une diversification des acheteurs », selon Marc Zribi, évoquant « un certain optimisme » des opérateurs. Prenant en compte ces perspectives, FranceAgriMer a révisé en hausse son estimation de mars d’exportations de blés français vers les pays tiers pour la campagne 2018/19, à 6,02 millions de tonnes (Mt), contre une estimation de 5,65 Mt en février.
Cette conjoncture favorable semble devoir se prolonger, car « les cours des blés français et américains, actuellement les moins chers du marché mondial, sont en nette baisse ». Le repli des cours, d’environ 15 à 20 € la tonne par rapport à janvier, est provoqué par l’approche d’une récolte mondiale 2019 prometteuse. La surface de blé dans le monde est en hausse de 1,1 % pour la moisson 2019/20 par rapport à la moisson 2018/19, d’après le département américain de l’Agriculture (USDA), tandis que la maturation des cultures est considérée comme « normale » en France et en Europe, sans accident climatique, hormis une sécheresse en Espagne.
Les blés français, de bonne qualité, sont en mesure de répondre à une large palette d’acheteurs