Dans le contexte franchement morose de l’ensemble des filières agricoles représentées en Bretagne, le groupe coopératif Cecab qui tient son assemblée générale statutaire le 11 juin, se distingue par de bons ratios économiques.
Cecab a achevé son exercice 2003 sur un chiffre d’affaires 2003 stable à 1,348 milliard d’euros. Son résultat net atteint 15,2 millions d’euros, le cash flow demeure à 65,3 millions et les fonds propres se renforcent à 240 millions. Le groupe morbihannais aux 5940 salariés et 6000 adhérents actifs, connu pour sa marque de légumes d’Aucy, possède, en fait, une activité fortement génératrice de richesse : la conserve (18 usines sur les 31 que compte le groupe), et surtout le légume appertisé avec 482 000 tonnes en 2003. Avec les plats cuisinés, le légume surgelé (72 000 tonnes) et les aliments pour animaux domestiques (70 000 tonnes), le pôle « conserve » représente à lui seul 40 % des ventes de la Cecab. Il contribue aussi largement à la réalisation du résultat net.
Chantiers dans la viande
Dans le pôle viande, second métier du groupe avec 36 % des ventes, Cecab engage plusieurs chantiers. Dans sa filière porcine, déficitaire en 2002 et en 2003 « de l’ordre de 2 à 3 millions », selon le directeur général, Jean-Claude Le Roux, l’entreprise adapte cette année son activité d’abattage à son fond de commerce rentable. Depuis début juin, l’abattoir Olympig a vu ses capacités diminuer de 40 000 à 30 000 porcs traités par semaine Agra Industrie n°67 du 3 juin 2004. Mais parallèlement, le groupe morbihannais se fait offensif en aval.
Cedro, société de négoce international de porcs (53 400 tonnes en 2003) vient de racheter une seconde société de vente au Japon pour diversifier ses marchés et ses pièces sur place. Aubret, salaisonnerie située en Loire-Atlantique et rachetée avec Cedro en 2002, va bénéficier d’une reconstruction complète pour 30 millions d’euros étalés entre 2004 et 2006. L’investissement vise à gagner nettement en productivité et en qualité pour fabriquer des lardons, de 13 000 à 14 000 tonnes, aujourd’hui destinés aux premiers prix et demain aux marques de distributeurs, selon Jean-Claude Le Roux.
Investissements dans les produits élaborés
Christian Plat (ex-Charal et Prédault), directeur de la branche viande, un poste créé en 2003, s’est également penché sur le sort de la petite activité industrielle de volailles de chair. La filiale Volaven, spécialisée dans les dindes, a diminué ses volumes de 105 000 à 75 000 têtes abattues par semaine, tout en augmentant la part des produits transformés. Prochaine étape : un investissement dans les produits élaborés, non encore chiffré, que Cecab engagera « dans les deux ans » sur un site qu’il possède dans le Morbihan. Le groupe n’exclut pas non plus des partenariats industriels dans le secteur.
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Cecab souligne avoir l’intention « de faire en viande ce (qu’il a) fait dans la filière œufs », a poursuivi Jean-Claude Le Roux. Au travers de sa filiale ABCD, le groupe est présent sur tous les segments de marché, les œufs de consommation bien sûr mais surtout les ovoproduits. « Nous sommes leaders sur de nombreux marchés, en France comme en Europe ». Dernier achat signé en date : Karéa spécialisée dans la production de 2 500 tonnes d’omelettes surgelées.
Implantation en Russie
Pour ce qui est de sa puissante et rentable activité de légume industrie, Cecab prévoit son implantation industrielle en Russie où le marché progresse rapidement, au contraire de la France où a été constatée une légère baisse en 2003, selon Jean-Claude Le Roux.
« Nous construirons, mais pas avant 2006 ou 2007, ou rachèterons un outil existant. On nous fait beaucoup de propositions», a indiqué le directeur général. Le projet représente un coût de 15 à 22 millions d’euros pour fabriquer des maïs et des petits pois en priorité.