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Loi d’orientation Les Bretons expriment leur inquiétude « grandissante »

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Le débat régional sur la future loi d’orientation agricole, qui s’est tenu en région Bretagne au lycée agricole du Rheu, près de Rennes, a réuni une centaine de personnes le 24 novembre. Le constat global est « une inquiétude grandissante et la réapparition de la notion de risques ». Cinq ateliers de réflexion ont été formés afin de répondre aux cinq volets de la future loi : les nouvelles règles d’organisation économique, la refonte des régimes d’accès au foncier, des relations institutionnelles renouvelées et une vision de l’agriculture partagée par la société.

« Les Bretons devront trouver leur voie entre valeur ajoutée et diminution des coûts » affirme un participant au débat régional sur la future loi d’orientation agricole qui s’est déroulé près de Rennes le 24 novembre. Ce débat a réuni près de 100 personnes de tous horizons : fonctionnaires, syndicalistes majoritaires et minoritaires, membres d’associations comme Eau et Rivières, juristes...

Alors que la région Bretagne sera la plus découplée dans le contexte de la réforme de la Pac de Luxembourg, l’interrogation est totale sur la réaction des agriculteurs. « Tout va se jouer dans les 3 ans », souligne l’un des rapporteurs d’un atelier. L’inquiétude sur l’abandon des outils de gestion des marchés est perceptible. Les questions de la répartition de la valeur ajoutée dans la filière et des coûts de revient sont posées. L’idée est de travailler sur des débouchés non alimentaires (biocarburants, biomatériaux, biogaz...) et sur les services « qui constituent un vrai potentiel » pour la région.

Le fonds agricole en question

L’inquiétude s’exprimait également à propos de la pression sur le foncier agricole. Au sujet de la possible spéculation sur les DPU (droits à paiement unique) au niveau du foncier, « on ne sait pas ce qui va se passer », ajoute un participant. La profession agricole bretonne se montre unanime pour un « maintien du contrôle des structures tout en allégeant les règles de procédures ». Par contre, la création d’un fonds agricole dans le cadre du statut du fermage ne remporte pas l’adhésion. Un intervenant de la propriété agricole enfonce le clou : « Si ce fonds agricole est dans le statut du fermage, c’est un casus belli. On ne demande pas la mort du pécheur, seulement plus de liberté », ajoute-t-il. « L’agrandissement peut conforter une exploitation qui peut ensuite accueillir un jeune pour une installation future », a-t-on entendu. Par contre, la concentration des entreprises dans la relation entre les producteurs et les acheteurs n’apparaît pas comme la panacée, exprime un des rapporteurs.

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Un millefeuille institutionnel

Au chapitre du renouvellement des relations entre institutions, face « au millefeuille institutionnel agricole », le souci est de « simplifier » et «d’éviter la stratégie de survie » des OPA en créant de faux besoins. Les rapporteurs plaident pour l’évaluation des services au niveau de leur coût et de leur efficacité. Quant au devenir des CDOA (Commissions départementales d’orientation agricole), deux options se distinguent : le maintien de leur fonctionnement en l’état et la séparation entre l’orientation et la gestion des dossiers.

« Face à l’inquiétude du monde agricole, la demande de sécurité des agriculteurs au niveau des risques économiques, aléas climatiques, relations entre les acteurs du monde agricole » est forte, a conclu Jean Salmon, président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne.