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Banque Les caisses régionales du Crédit agricole soulignent la solidité de leur résultat

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Alors qu’en 2011 Crédit agricole SA connaissait les premières pertes annuelles de son histoire, les Caisses régionales ont connu la même année les meilleurs résultats jamais enregistrés, selon Dominique Lefebvre, président de la Fédération nationale du Crédit agricole. Le produit net bancaire a représenté 14,25 milliards d’euros, en hausse de 1,79%. Le financement de l’agroalimentaire et de l’agriculture a été soutenu.

Le groupe Crédit agricole symbolise-t-il précisément la situation de la finance d’aujourd’hui? En apparence oui : d’une part Crédit agricole SA, du fait de son activité essentiellement tournée vers les marchés financiers, a réalisé ses premières pertes annuelles historiques l’an dernier ; de l’autre, les Caisses régionales, qui symbolisent la banque de détail ou de réseau et qui ont réalisé « les meilleurs résultats de leur histoire », selon le président de la Fédération nationale de Crédit agricole (FNCA) Dominique Lefebvre. Pleinement impliquées dans le financement de l’économie, les caisses régionales, par la voix de leur fédération, ont tenu à souligner la solidité de leurs résultats en 2011. L’an dernier, ces caisses régionales ont représenté 391 milliards d’euros d’encours de crédits dont 69 milliards d’euros de crédits nouveaux (+1,6%). Pour l’agroalimentaire et l’agriculture cet encours est de 41,1 milliards d’euros (0,83%) et 6,27 milliards d’euros de crédits nouveaux (+9,47% hors plan Sarkozy de 2010). La part de marché de la banque verte dans l’industrie agroalimentaire est de 38%.

Banque de réseau, banque de marché
En 2011, les Caisses ont réalisé un produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires) de 14,25 milliards d'euros, en hausse de 1,79%, pour un bénéfice net de 4,1 milliards (+7,8%). Pour 2012, les dirigeants de la Fédération du Crédit agricole affichent un relatif optimisme même si, d’ores et déjà, il est sûr que les 600 millions d’euros de dividende normalement prévus ne seront pas cette année versés par Crédit agricole SA.
Si le contraste est si grand entre banque de réseau et banque de financement et de marché, c’est que la banque de réseau travaille surtout par « intermédiation », c’est-à-dire en transformant les dépôts de ses clients en prêts à l’économie. Sa performance dépend donc de la qualité de son réseau de clients et de ses capacités à limiter les risques sur un marché plutôt local. La banque de marché, elle, va chercher des moyens de financement sur les marchés financiers pour ensuite les transformer en interventions sur l’économie ou d’autres marchés financiers. Cependant, la frontière n’est pas si rigide. Les caisses régionales ont par exemple besoin chaque année de compléter leurs collecte par 80 à 90 millions d’euros provenant des marchés financiers eux-mêmes. Voilà ce qui rend le Crédit agricole très sceptique sur la séparation entre banque de financement et de marché d’une part et banque de détail d’autre part, envisagée pour renforcer la sécurité financière des banques.
« Si on considère le trait qui pourrait être fait au Crédit Agricole entre les caisses régionales et les activités de marché, demain il faudrait aller trouver des refinancements auprès des banques de marché étrangères », a expliqué Philippe Brassac, secrétaire général de la FNCA.
« Pour nous, poursuivait-il, c'est une grave erreur de jugement qui vient du fait que le diagnostic est vrai aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne car eux ont plus d'épargne que de crédit à financer, donc la question de savoir ce que les banques font de l'épargne qui leur est confiée peut se poser », a-t-il ajouté lors de la conférence de presse.
Autre regret exprimé par Philippe Brassac : « C’est au moment où on nous demande d’être plus souple pour financer l’économie qu’on nous impose des ratios de solvabilité plus stricts ».

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