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Crédit agricole Les caisses régionales se veulent plus attentives à la stratégie de Crédit agricole SA

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Si l’avenir à long terme du Crédit agricole était le thème principal du congrès de la fédération nationale (FNCA), la crise financière s’est imposée comme contexte fort. Avec, en vue, une réflexion sur ce que sera le réseau d’ici dix ans mais aussi un réexamen des relations entre les caisses et Crédit agricole SA. Les premières vont se doter d’un outil formalisant mieux le suivi de la stratégie du second. Autre impact de la crise financière, les responsables des caisses de Crédit agricole demandent aussi une meilleure régulation des marchés de la part de l’État… et saluent l’apport qu’il assurera en fonds propres annoncé le 20 octobre, veille du Congrès. Un apport qui devrait représenter 3 milliards d’euros pour le Crédit agricole.

Les relations entre les caisses régionales et Crédit agricole SA ont été au cœur des sujets traités par le congrès de la fédération nationale du Crédit agricole à Nice le 21 octobre. Jean-Paul Chifflet, secrétaire général de la fédération, a notamment annoncé la volonté de créer un « vrai conseil d’administration » au sein de SAS La Boétie, la structure des caisses régionales qui contrôle 50 % du capital de Crédit agricole SA (Casa), l’entité centrale cotée en Bourse. Une manière, sans que cela soit formellement exprimé ainsi, de mieux associer les caisses à la stratégie de Casa. Cependant, cette initiative « n’enlèvera rien au bureau de la fédération dans sa mission d’animation politique du groupe ». En marge du congrès, bon nombre d’administrateurs se félicitaient d’avoir ainsi un œil plus attentif sur l’activité de banque de financement et investissement de Casa. Ils invoquaient le fait que la part la plus solide des résultats de la banque était celle émanant des caisses elles-mêmes. De fait, tout en plaçant le congrès sous le thème des caisses à l’horizon de dix ans, la FNCA tirait aussi bien les conclusions de la crise financière actuelle.

Besoin de régulation

« Je fais partie de ceux qui considèrent que la régulation des marchés est une condition de leur bon fonctionnement », déclarait notamment Jean-Marie Sander, président de la fédération. Au Crédit agricole, le libéralisme pur et dur n’est pas de mise : Jean-Marie Sander tirait d’ailleurs un coup de chapeau à la manière dont le gouvernement gère la crise, soulignant « les mesures positives » annoncées par le gouvernement pour renforcer les fonds propres des banques françaises. Coup de chapeau également à René Carron et Georges Pauget, respectivement président et DG de Casa. Mais cela n’empêche pas les administrateurs des caisses régionales de vouloir être plus vigilants sur la stratégie du groupe et de bien séparer les métiers. Un nouveau projet de groupe sera lancé d’ici deux ans ; les relations avec les clients devront être simplifiées, touchant des dimensions diversifiées.

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Tout client pourra être sociétaire

« Dans dix ans, insiste Jean-Paul Chifflet, nous serons au cœur de tout ce qui touche le cadre de vie et à l’habitat et donc au cœur de l’économie de l’environnement, avec la maîtrise de l’énergie, la santé, l’allongement de la durée de vie, l’entreprenariat et le combat pour l’intégration » ; tout client aura vocation à devenir sociétaire ; l’informatique sera refondue, avec comme ambition de « devenir véritablement une banque multicanal, avec des types d’agences variés, des présences sur internet, des accès par téléphone ». De plus, un fonds d’investissement pour l’innovation (« Fireca ») sera doté de 100 millions d’euros pour développer l’innovation dans les caisses ; des activités nouvelles seront lancées avec, déjà, un nouveau réseau d’agences immobilières.

Autant de projets qui redessinent une société prioritairement orientée vers la banque de détail, laissant au second plan des activités plus risquées telles que la banque de financement et d’investissement. Jean-Marie Sander a prononcé le mot de recentrage à propos de l’activité de Calyon. Le mot pourrait aussi s’appliquer au groupe lui-même : « Le retour du bon sens » selon les termes du président de la fédération.