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Eau potable Les causes d’abandon de captages passées au crible

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La Direction générale de la santé analyse l’abandon de captages d’eau potable au cours de la période 1998-2008. Sur les 5 000 ouvrages fermés, la mauvaise qualité de l’eau, pour des raisons naturelles ou anthropiques arrive en tête des raisons évoquées. La part des pollutions diffuses n’est pas négligeable. Au total, néanmoins, les captages fermés n’assuraient guère plus de 5% du débit prélevé en France.

Quelque 4 811. C’est le nombre de captages d’eau potable dont l’exploitation a été abandonnée sur la période 1998-2008, sur les 34 000 ouvrages de prélèvement que compte la France pour une production totale de 18 millions de m3 d’eau, selon un bilan dressé par la Direction générale de la santé (DGS). La qualité de la ressource en eau représente la première cause d’abandon de ces captages : elle est citée comme cause principale dans 41 % de ces cas. Les pollutions diffuses d’origine agricole, nitrates et/ou pesticides en particulier, sont à l’origine de l’abandon de 878 captages sur cette période, soit 19% des ouvrages délaissés, essentiellement dans les zones de plaine ou d’élevage : Beauce, Bassins parisien, armoricain et Charente-Maritime. Les problèmes de turbidité et de microbiologie sont à l’origine de la fermeture de 13 % des 5 000 captages, tandis que la rationalisation de l’approvisionnement en eau potable justifie la fermeture de 19% du total décompté.

Important facteur économique
L’abandon des captages concernés par un problème de qualité de l’eau s’explique, selon la DGS par, d’une part, « des coûts élevés des traitements et de protection à mettre en œuvre pour respecter durablement les limites de qualité fixées par le code de la santé publique, et d’autre part, en raison de la reconquête de la qualité de la ressource qui s’inscrit souvent dans la durée ». Les réseaux d’alimentation en eau « interconnectés » ou des captages « mieux sécurisés, plus facilement protégeables ou prélevant une ressource naturellement de meilleure qualité » leur sont alors préférés.

Une faible part de l’eau produite
Le bilan, tiré de l’exploitation des données collectées par les agences régionales de santé, dans le cadre de la base Sise-eaux, est nuancé par la direction générale de la santé. Elle précise : « Ces abandons de captages peuvent être perçus comme des pertes de ressources exploitables. Parallèlement, sur la même période, 9 900 captages ont été mis en service et produisaient près de 4,2 millions de m3 par jour ». Un chiffre à comparer aux 675 000 m3/j de débit que représentaient les captages qui ont été fermés et qui représentent moins de 5% des débits quotidiens destinés à l’eau potable sur cette période. En effet, les ouvrages abandonnés, exploitant essentiellement l’eau souterraine, étaient généralement de faible débit (inférieur à 400 m3/j pour 90% d’entre eux). Or, précise le rapport, les petits captages souterrains sont généralement gérés par de petites collectivités aux moyens réduits qui ont pu opter pour un raccordement à d’autres réseaux, stratégie moins onéreuse. Ce phénomène s’observe notamment en montagne, dans les massifs de Savoie, Haute-Savoie, Isère, Pyrénées-Orientales, Ariège ou encore dans le Puy-de-Dôme.

De fortes disparités régionales
Le rapport de la DGS établit enfin de nombreuses comparaisons régionales qui montrent à quel point la situation varie géographiquement : aucun captage n’a été fermé en Val-de-Marne, alors que la Savoie en abandonnait 197. Ariège, Ardèche, Aude, Eure-et-Loir, Haute-Corse, Haute-Savoie, Lozère, Pyrénées-Orientales, Savoie et Tarn affichent les plus forts taux d’abandon. En outre, cette étude précise que 95 % des 5 000 captages fermés concernent des prélèvements souterrains contre seulement 5 % d’eau superficielle.

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