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Les céréaliers en grandes difficultés économiques

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L’AGPB annonce « une ambiance morose » à son congrès les 31 janvier et 1er février, vu les difficultés économiques des céréaliers. Les travaux porteront particulièrement sur le plan de transformation de la filière, conditionné à l’appui des pouvoirs publics.

« Je n’ai jamais vu une telle situation économique, aussi compliquée financièrement », a déclaré 23 janvier le président Philippe Pinta : 40 % des céréaliers affichent un revenu disponible négatif en 2017, d’après lui. Leur niveau moyen est estimé autour de 2 000 euros. « Le vrai problème, ce sont les prix mondiaux, auxquels s’ajoute la difficulté de la parité euro/dollar », a rappelé Philippe Pinta, qui dénonce par ailleurs des « écarts » d’aides européennes à l’hectare, entre productions et d’un pays à l’autre, cela engendrant des « distorsions de concurrence ». En comparaison avec l’Allemagne, les céréaliers en Lorraine ou Bourgogne perçoivent « jusque 90 à 100 €/ha » d’aides en moins, soit 12 à 15 euros la tonne de blé, d’après ses chiffres.

L’AGPB a demandé au ministère de l’Agriculture « une mission sur la situation des zones intermédiaires », particulièrement en difficulté. Lors d’une rencontre avec Stéphane Travert le 18 janvier, Philippe Pinta s’est opposé à tout nouveau transfert de crédits du 1er au 2e pilier. « On en a marre d’être considérés comme les banquiers du système », a-t-il pesté le 23 janvier en conférence de presse, soulignant que « les céréaliers reçoivent le moins d’aides » si l’on intègre le premier et le deuxième pilier de la Pac. Autre revendication, l’abaissement à 5 % du paiement redistributif. « La Pac nous inquiète beaucoup », a-t-il répété, se dressant contre l’éventualité de « plus de subsidiarité » dans la prochaine réforme.

Objectif : être rentable à 140 € la tonne de blé

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La compétitivité de la filière est au programme d’une table ronde au deuxième jour du congrès de Dijon. C’est un axe fort du plan bâti par Intercéréales lors des États généraux de l’alimentation. Un plan de transformation, conditionné à l’appui des pouvoirs publics, que l’interprofession chiffre à 10,2 milliards d’euros d’investissement pour les exploitations sur 15 ans. Les céréaliers appellent l’État à les « accompagner » pour les cinq premières années. Ils font donc appel au plan d’investissement et de modernisation de l’agriculture et de l’agroalimentaire de 5 milliards d’euros promis par Emmanuel Macron. Leur objectif est notamment d’atteindre un seuil de rentabilité de 140 euros la tonne de blé, contre aujourd’hui près de 170 euros. L’AGPB réclame l’appui des pouvoirs publics sur le maillon logistique, en particulier le transport ferroviaire, sur la fiscalité, la R & D et l’innovation, la gestion des risques. Des réponses sont attendues de la part du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, dont la présence est annoncée en clôture du congrès.

« On en a marre d’être considérés comme les banquiers du système »