La France a bien du mal a exporter son blé : la parité euro/dollar est un lourd handicap et les Argentins se montrent redoutables, au point de venir chasser sur les marchés traditionnels de la France. Le Conseil central de l’Onic demande des restitutions à l’exportation du blé européen.
Le conseil central de l’Onic, qui s’est réuni le 10 novembre, s’est inquiété du manque de compétitivité des céréales françaises sur les marchés internationaux en raison de la faiblesse croissante du dollar par rapport à l’euro, mais aussi de l’agressivité commerciale de l’Argentine. « Nous avons besoin de restitutions à l’exportation du blé, nous avons besoin d’une compensation de handicap monétaire afin d’attenuer l’écart entre l’euro et le dollar », lance Christian Lapointe, président de l’Onic.
Le prix du blé argentin continue de baisser
Début novembre le prix du blé français FCW 1 (French Chanel Wheat) cote 114 euros/tonne soit environ 147 $/t. Si les blés français restent compétitifs par rapport aux blés américains, dont le SRW (Soft Red Winter) cote 147,5 $/t, ils ne le sont pas du tout par rapport au blé argentin qui cote 116 $/t, et qui continue de baisser sous la pression de la récolte qui approche. « Lors des trois dernières adjudications du Gasc, l’office des céréales égyptiens, c’est l’Argentine qui a remporté les marchés, alors que nous les détenions cet été », constate Daniel Perrin, directeur général de l’Onic.
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Les exportations de l’UE restent limitées
De fait, le tirage de certificats d’exportation de blé a faibli en octobre, avec seulement 0,8 Mt délivrés dans l’Union européenne. Si on compare aux années précédentes, le volume des certificats d’exportation de blé octroyés depuis le début de la campagne atteint 3,9 Mt, contre 2,8 Mt en 2003/2004 mais près de 4,8 Mt en 2002/2003.
Quant à l’orge, malgré les restitutions à l’exporation accordées par la Commission européenne depuis le 14 octobre, les exportations d’orge restent limitées, avec moins de 60 000 t adjugées en trois semaines. « La restitution de 18,80 euros/tonne n’est pas suffisante pour être compétitif», constate Daniel Perrin.