Abonné

Aire de captage Les chambres d’agriculture et les entreprises de l’eau s’associent

- - 3 min

Les chambres d’agriculture et les entreprises de l’eau ont présenté le 28 septembre leurs recommandations pour protéger les aires de captage d’eau potable face aux pollutions diffuses. Les deux organisations estiment qu’il est possible de maintenir l’activité agricole sur ces aires de captage tout en préservant la ressource hydrique. Les clefs de la réussite : un diagnostic partagé par tous les acteurs locaux et des mesures contractuelles et pérennes.

L’Assemblée des chambres d’agriculture (APCA) et la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) ont présenté, mardi 28 septembre, leurs 21 recommandations de bonnes pratiques pour la protection des aires d’alimentation de captage d’eau potable vis-à-vis des pollutions diffuses. Le Grenelle prévoit d’assurer la protection de l’aire d’alimentation de 507 captages parmi les plus menacés par les pollutions diffuses d’ici 2012. Parmi ces captages jugés sensibles, 230 sont gérés par des entreprises de la FP2E. « Beaucoup d’efforts ont déjà été réalisés sur les pollutions urbaines (mises aux normes des stations d’épuration) et industrielles. C’est ce qu’il y avait de plus facile à régler car ce sont des pollutions concentrées. Avec l’agriculture c’est plus difficile car il s’agit de pollutions diffuses », résume Marc Reneaume, président de la FP2E.

Mesures contractuelles et pérennes

Ce guide basé sur l’étude de dix exemples concrets a permis de répertorier les actions les plus efficaces. Première étape essentielle : arriver à établir un diagnostic partagé par tous les acteurs. « Après, les solutions sont plus faciles à trouver », explique Guy Vasseur, président de l’APCA. Marc Reneaume confirme qu’il « faut faire converger nos intérêts qui à première vue divergent en maintenant une activité viable économiquement sur le territoire et ne pas sanctuariser les espaces tout en protégeant la ressource ».
Pour les chambres d’agriculture, les outils réglementaires comme les ZSCE (Zones soumises à contrainte environnementale) ne sont pas la bonne solution. « Les mesures contractuelles sont les plus efficaces. Le problème c’est que les Mesures agroenvironnementales (MAE) ne sont souvent pas adaptées aux particularités territoriales et ne sont pas pérennes », souligne Joseph Ménard, vice-président de la commission environnement de l’APCA. Sur cet aspect, Guy Vasseur considère qu’il faut « desserrer les freins ». « Le PDRH (le programme de développement rural hexagonal) laisse des marges de manœuvre, estime-t-il. Il faut jouer dessus pour adapter les MAE aux exigences de chaque territoire ». Un message appuyé par Marc Reneaume : « Il faut partir du terrain pour mettre en place des mesures adaptées ».

Changement de production

Les chambres d’agriculture soulignent également la nécessité de réaliser une étude de marché avant de décider du plan d’action afin de concilier « dynamiques de territoire et environnement ». Le changement de production sur certaines parcelles n’est pas exclu (biomasse, agriculture biologique) mais ne peut pas être la réponse à tout. « Sur un périmètre rapproché, pourquoi pas ?! Mais sur une aire plus large pouvant aller jusqu’à 10 000 ha cela devient très difficile », détaille Marc Reneaume. Et pour Guy Vasseur, « il n’y a pas que l’agriculture bio qui peut apporter des réponses. Pour nous il est possible de protéger les captages et de gagner le défi de la qualité de l’eau avec de multiples approches ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Chambres d'agriculture France
Suivi
Suivre