À l’occasion d’une réunion de presse le 17 novembre Luc Guyau, le président de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture), a présenté les grandes lignes d’un travail d’harmonisation du réseau consulaire agricole. « Nous voulons fédérer les énergies plutôt qu’inventer la poudre », lance Luc Guyau, également président de la Chambre d’agriculture de Vendée. D’ici quelques semaines, le réseau va sélectionner une dizaine d’actions (par exemple sur l’environnement, les nouvelles techniques agronomiques, ou encore sur l’informatisation des chambres) les plus facilement mutualisables pour les proposer à toutes les chambres d’agriculture. Un travail qui se situe dans le cadre du plan stratégique des chambres d’agriculture.
L’objectif est de mettre fin à un travail dispersé en faisant le pari que ce qui est bon pour un département peut l’être aussi pour un autre. Il avait trouvé un premier point d’application dans le cadre des réponses aux appels à projet de l’Adar (agence de développement agricole). Quarante dossiers concertés dans le cadre des chambres avaient été proposés.
Plus de cohésion
Pour les dirigeants des chambres d’agriculture, l’objectif est aussi de donner une plus grande cohésion à ces institutions de la République. Les 8 000 salariés, dont 6 000 ingénieurs et techniciens supérieurs, travaillent actuellement en ordre dispersé parmi les 115 chambres départementales et régionales. Luc Guyau n’exclut pas, s’il réunit un consensus sur cette orientation, de proposer quelques articles qui pourraient être insérés début 2005 dans la future loi d’orientation agricole.
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En attendant, le réseau des chambres fait actuellement remonter des exemples d’actions engagées dont une dizaine sera sélectionnée mi-décembre. Elles seront alors proposées à l’ensemble des chambres. L’intérêt de l’opération réside aussi dans les économies de moyens financiers et humains réalisés : « Faire plus et mieux avec autant, voire moins», explique Luc Guyau. Le contexte économique n’est pas indifférent car, si la plupart des chambres d’agriculture se portent correctement sur le plan financier, certaines d’entre elles sont réellement en difficulté, constatait le président de l’APCA. En moyenne, leurs ressources se composent pour 50 % d’impôt (taxe additionnelle à l’impôt sur le foncier non bâti), 25 % sous forme contractualisée avec des collectivités locales et 25 % provenant de services payants. En particulier, le projet annoncé par Jacques Chirac de réduire ou supprimer l’impôt sur le foncier non bâti ne sera pas sans conséquence sur les chambres d’agriculture puisque son assiette ne servira plus que pour le financement des chambres.
La rationalisation des OPA
Pour Luc Guyau, cette initiative devrait avoir un effet d’entraînement sur la rationalisation des organisations agricoles, souvent annoncée, jamais mise en œuvre. Avec, en particulier, un enjeu : qui assurera les prestations (conseil, aide technique, etc.) qui peuvent être facturées aux agriculteurs ? « Notre boulot n’est pas de prendre le travail des autres, lance Luc Guyau qui poursuit, cependant, mais on n’est pas obligé de ne faire que ce que les autres ne veulent pas faire ».