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Agro-écologie/Loi d’avenir Les chambres veulent réaffirmer leur place dans le développement agricole

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En réaction au rapport de Marion Guillou sur l’agro-écologie d’une part, et en réaffirmant d’autre part qu’elles répondront présent pour relever le défi du produire autrement – comme elles l’ont fait à l’annonce du plan bio – les chambres d’agriculture se rappellent aujourd’hui à l’attention du ministre. Elles insistent sur leur rôle dans le développement agricole et sur le réseau technique et d’accompagnement constitué depuis 50 ans. L’enjeu est stratégique, au moment où se prépare la loi d’avenir.

L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture souhaite répondre présent « pour l’appel d’offres Casdar, et demain pour les GIEE », a affirmé Guy Vasseur, son président. Il mettait en avant, lors d’un point presse le 19 juin, l’expertise de 50 ans en matière de gestion de groupes d’agriculteurs avec lesquels travaille l’APCA. Guy Vasseur va donc inciter son réseau et ses groupes partenaires à répondre « puissamment » à l’appel d’offre Casdar sur l’agro-écologie lancé par le ministère et qui doit préfigurer les GIEE, a assuré Guy Vasseur.

L’APCA travaille notamment sur l’animation des groupes

Et l’APCA de vanter son expertise : dans une enquête réalisée au printemps 2013, la structure nationale recense en effet 1 400 groupes « pérennes » (Geda, GVA, Ceta, mais aussi Cuma, Scop, Scic, etc.*) et 1 900 groupes thématiques auxquels les chambres participent, notamment pour le volet conseil et animation.
Ces dernières années, les chambres d’agriculture ont souhaité, « avant que les groupements ne reviennent à la mode », moquait Guy Vasseur, approfondir cet axe de travail et améliorer leur accompagnement des groupes. Ainsi, témoignait Aurélie Rio, animatrice chambre de l’Union des Geva du Morbihan, depuis 2010, la chambre d’agriculture du Morbihan a mis en place des formations pour les salariés animateurs de ces réseaux.

Economies d’intrants en tête des sujets

Parmi les nombreux thèmes étudiés par ces groupes, selon l’enquête de l’APCA, 38 % concernent les économies d’intrants, un quart environ, des « approches systèmes (systèmes de culture innovants, agriculture bio…), un autre quart touche à la gestion des ressources (eau, sol, mais aussi énergies renouvelables). Et 16% concernent la réflexion sur les circuits de proximité.
« Nous sommes prêts et nous avons à la fois les compétences pour y aller et l’engagement des agriculteurs sur le terrain, insistait Guy Vasseur. Notre démarche, c’est conforter les groupes, qu’il y ait des GIEE ou non ». Mais le président de l’APCA s’alarmait : « Il peut y avoir une dérive (dans le cadre de projet de loi d’avenir) : celle que l’économique soit laissé de côté. »

L’APCA veut faire entendre sa voix

Avertir, tel était bien le message de ce rendez-vous. En début de semaine, l’APCA s’était émue de la « mise en cause de l’appareil de développement », inscrite par Marion Guillou dans le rapport sur l’agro-écologie que l’ancienne p.-d.g. de l’Inra a remis à Stéphane Le Foll le 11 juin. Les chambres « ne partagent pas le diagnostic porté sur les facteurs de blocage identifiés dans le rapport (aversion au risque, manque de connaissances et de qualifications des conseillers…) », a réagi l’APCA le 17 juin. Le 19 juin, Guy Vasseur se remémorait l’entretien récent de l’APCA avec le ministre de l’Agriculture (le 5 juin) : « On a eu des échanges forts, y compris sur les GIEE et le développement agricole. Le ministre nous a répondu qu’il comptait sur l’engagement des chambres d’agriculture. » Pas de quoi s’alarmer, alors ? Pas tout-à-fait : pour l’APCA, rien n’est encore inscrit dans la loi d’avenir, et le diable se trouvera dans les modalités. Or, « des informations contradictoires » parviennent aujourd’hui par différentes voies, sur les GIEE, ou sur la philosophie générale de la loi d’avenir, regrettent les chambres. La position de l’APCA, elle, est claire : rappelant la volonté affichée par François Hollande de reconquérir des marchés à l’exportation et de la compétitivité, Guy Vasseur insistait : « Cela nous convient, on s’y inscrit ».

* Geda : groupe d’étude et de développement agricole - GVA : groupements de vulgarisation agricole - Ceta : centre d’études techniques agricoles - Cuma : coopérative d’utilisation du matériel agricole - Scop : société coopérative et participative - Scic : société coopérative d’intérêt collectif

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