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Les chambres veulent « se recentrer sur le développement »

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Résilience et revenu : ce sont les deux priorités affichées par les chambres d’agriculture dans leur projet stratégique pour le nouveau mandat. Un recentrage qui passera notamment par le déploiement du « conseil global ».

Chambres d’agriculture France (ex-APCA) a présenté le 19 mars son projet stratégique « Ambition 2030 » qui vise à « recentrer » son activité sur le développement agricole. Il s’agira de « réinventer » et de « retrouver la noblesse du développement agricole », selon Sébastien Windsor, président de la tête de réseau, en travaillant sur le revenu et la « résilience » des exploitations.

Ce projet issu des travaux des échelons départementaux et régionaux comporte douze objectifs, répartis en trois axes. Le premier consiste à « sécuriser les projets des agriculteurs », notamment en généralisant le conseil sur l’approche globale de l’exploitation. Le réseau s’est fixé une cible de « 1 600 conseillers référents » sur ce sujet d’ici 2030, selon le secrétaire Olivier Lebert. Le « recentrage » du conseil impliquera de « lever le pied » sur certains sujets, dont l’accompagnement réglementaire et l’optimisation des productions, selon M. Windsor. « On pense que le niveau [de compétence] des agriculteurs a monté », estime l’élu normand.

Plus que sur la technique, « aujourd’hui, leurs besoins sont plutôt sur l’approche globale de l’exploitation ». Les chambres comptent aussi « développer l’accompagnement Climat & résilience » et « mettre en place des services autour de la gestion de l’eau » (projets de territoire, réutilisation des eaux usées, etc.).

Objectif : accompagner 300 filières

Deuxième axe du plan « Ambition 2030 » : la création de valeur. Plutôt que de créer de nouvelles filières, « le plus efficace est de s’appuyer sur les filières existantes », a souligné Sébastien Windsor. Une approche qui prévaudra notamment pour le volet régional des Conférences de la souveraineté alimentaire, animé par le réseau consulaire. Les chambres comptent « se positionner comme tiers de confiance » à qui les industriels détailleraient leurs besoins d’approvisionnement, afin d’installer en face les capacités de production agricole correspondantes. Les chambres veulent ainsi « accompagner 300 filières », selon M. Lebert.

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Enfin, le dernier axe du projet stratégique vise à faire des chambres un « réseau efficient et reconnu ». Un des volets portera notamment sur le renforcement de la communication, avec une cible de participation à « 400 foires et salons ». Les chambres d’agriculture ont renouvelé leurs élus pour six ans début 2025. Un scrutin marqué par une forte progression de la Coordination rurale, qui est arrivée en tête dans quatorze départements et a remporté la présidence dans onze chambres.

YG

« S’appuyer sur les filières existantes » plutôt que d’en créer de nouvelles