Marché > Même si tous les consommateurs achètent des charcuteries, ils le font de moins en moins souvent et pour des quantités toujours plus faibles. Mais des alternatives existent : montée en gamme des produits et l’export, y compris bien au-delà de l’Europe.
Les Français continuent de se détourner des charcuteries : ils en achètent moins souvent et pour des quantités toujours plus réduites. Selon les données communiquées par la Fict (source Kantar WorldPanel), les achats de charcuteries reculent en 2017 pour la troisième année consécutive : -1,3 % pour les quantités (29,9 kg par an et par personne) et -0,9 % pour les actes d’achat (48,8 actes). Même s’ils acceptent de dépenser un tout petit peu plus : 313 euros par an et par personne, soit 3 euros de plus en 2017 par rapport à 2016. Les chiffres de ce début d’année confirment cette tendance : -1,5 % en volume en cumul annuel mobile arrêté au 10 juin, et +1 % en valeur.
Les consommateurs restent assez fidèles à leurs habitudes, avec toujours 24 % des volumes consacrés au jambon cuit, qui est aussi concerné par la baisse des volumes et des fréquences d’achat. On remarque, en revanche, un mouvement vers davantage de qualité. « Les MDD thématiques recrutent quant à elles de nouveaux consommateurs en quête de qualité, de local » note la Fict. « Les filières qualité se développent et gagnent en parts de marché : 14,6 % en 2017, soit 80 000 tonnes estimées », peut-on lire, au sujet des produits santé, allégés, responsables, bio, label rouge et halal. Le bio, même s’il est très marginal avec moins de 1 % des volumes, croît rapidement : le chiffre d’affaires a progressé de 27,6 % entre 2016 et 2017. Les canaux de distribution évoluent aussi : tous les circuits progressent (+6,4 % pour le on-line et +3,2 % pour la proximité), sauf le hard discount et des hypermarchés.
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L’export (723 millions d’euros, 166 000 tonnes, +2,8 %), encore limité (le chiffre d’affaires de la charcuterie française a atteint 6,7 milliards d’euros en 2017), peut être vu comme une solution pour contrebalancer ce marché intérieur déprimé. La France commerce principalement avec ses voisins européens : Belgique (22 %), Royaume-Uni (18 %), Espagne (13 %) et Allemagne (12 %). Considéré comme une des priorités de la Fict depuis ces 10 dernières années, l’export requiert toutefois l’appui des autorités françaises pour lever les barrières tarifaires et non réglementaires. En Chine, 4 entreprises sont agréées, 20 à Taïwan et 15 au Japon où la Fict a obtenu des autorités locales un assouplissement qui lui laisse présager des agréments supplémentaires dans les prochains mois. La fédération vient de gagner un appel d’offre européen pour promouvoir la charcuterie française sur ce marché pour les 3 prochaines années.