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Production porcine Les charges de structure grèvent les bilans

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Malgré l'embargo russe, le rapport entre coût alimentaire et prix du porc s'est amélioré entre 2013 et 2014. Mais les producteurs de porcs n'ont pas pu pleinement en profiter, car ils ont vu parallèlement leurs charges de structures augmenter (+10% entre 2009 et 2014), remarque l'Ifip-Institut du porc dans son dernier baromètre porc.

Cela peut paraître étonnant, mais malgré l'effet délétère de l'embargo russe sur les marchés du porc, le rapport entre coût alimentaire et prix du porc s'est amélioré entre 2013 et 2014. Pour un élevage naisseur-engraisseur finissant tous les porcs, « la marge moyenne sur coût alimentaire et renouvellement a atteint 1 076 euros par truie présente», note l'Ifip-Institut du porc dans son dernier baromètre porc, paru le 2 juillet. Soit une hausse de 57 euros en un an. En effet, la détente des prix des matières premières à partir de l'automne 2013 a été plus rapide que celle du prix du porc. Le prix de l'aliment a baissé de 12% quand le prix du porc n'avait diminué que de 8%.

Plus étonnant encore, cette hausse des marges sur coût alimentaire ne s'est pas répercutée sur le résultat net des élevages, estime l'Ifip. En effet, les charges de structures ont augmenté régulièrement ces dernières années, et captent une partie des marges des éleveurs. « A productivité des truies et poids vendus inchangés, ces charges ont augmenté de 10% entre 2009 et 2014 », observent les analystes. Les hausses les plus fortes ont concerné les frais d'entretien et réparations (+21%), mais surtout les dépenses d'énergie (+41%), en raison de l'augmentation des prix.

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Elles sont aussi dues aux amortissements, autrement dit aux charges liées aux investissements récents. Et là, le constat n'est pas égal, que l'on soit en Bretagne ou ailleurs. Les Bretons ont plus investi que les autres éleveurs français, lors de la dernière mise aux normes (janvier 2013), et cela se ressent dans l'amortissement constaté dans les comptabilités. Hors de la Bretagne, les amortissements ont décru entre 2009 et 2014 (-16% en Normandie, - 35% en Pays de Loire, - 28% en Limousin). Seules les régions Bretagne (+21%) et Rhone-Alpes (+38%) font exception.