Dans une communication diffusée le 2 juin, les chasseurs français font connaître leur position sur le dossier du loup. Ils affirment n’être « pas radicalement opposés au loup et à sa présence sur notre territoire, au moins là où il s’est aujourd’hui durablement implanté, et dans le cas où son retour est naturel ».
On connaît les tensions qui peuvent exister entre les agriculteurs et les chasseurs. La note de trois pages que vient de publier la Fédération nationale des chasseurs (FNC) risque d’agir comme une décharge électrique. Le document présenté comme « la position des chasseurs français sur le loup », reconnaît le loup comme « un élément parmi d’autres de la biodiversité française » mais qui ne doit pas devenir un « accélérateur » de la déprise humaine en montagne. « En termes d’aire de présence, l’objectif doit se limiter aux Alpes, au moins à moyen terme. Favoriser ou laisser s’étendre durablement le loup au-delà du Rhône n’est pas souhaitable tant que l’impact du loup sur les populations proies (ongulés notamment) n’est pas mieux connu et évalué scientifiquement », estime la FNC. « Ne créons pas ailleurs les mêmes problèmes que ceux qui ne sont pas encore complètement résolus et stabilisés dans les Alpes. De la même manière, laisser entrer le loup dans les Pyrénées (par l’Espagne entre autres) n’est pas davantage souhaitable. Les Alpes, avec leur population lupine en état de conservation favorable, suffisent à ce jour à la contribution française pour la conservation du loup en Europe », ajoute la fédération des chasseurs.
Limiter le loup aux Alpes
Les chasseurs s’inquiètent par ailleurs de l’impact du loup sur les espèces gibier (ongulés) et notamment de l’augmentation potentielle de cet impact au fur et à mesure du développement de la protection des troupeaux domestiques et de son efficacité. Ils demandent à ce que cette problématique soit désormais intégrée au Plan d’action national sur le loup et aux débats du Comité national Loup. Ils s’inquiètent aussi des impacts indirects (enfrichement de certains alpages les plus sensibles à la pression du loup, surpâturage d’autres…) sur des espèces comme le Tétras-lyre, ou l’impact des chiens de protection sur les lièvres variables, marmottes, voire les ongulés.
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Pour autant, la FNC ne demande pasque le loup devienne une espèce chassable, mais que son statut juridique actuel, tout en restant « protégé », soit assoupli en matière de régulation. La FNC propose que les chasseurs puissent participer à la gestion du loup afin de limiter l’expansion continue du prédateur dans les Alpes et la colonisation du territoire.