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Salon du Cheval Les chiffres clés 2009 confirment la crise de la filière équine

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La consommation de viande de cheval régresse de 6% en 2008. Quant au déficit extérieur il s’accroît fortement entre 2007 et 2008. Des chiffres publiés par l’Observatoire économique et social du cheval (OESC) des Haras nationaux à l’occasion du Salon du Cheval à Paris du 3 au 15 décembre 2009, révélateurs de la fragilité économique de la filière.

Les foyers acheteurs de viande chevaline représentent 18%, tandis qu’ils sont 94% pour la viande de bœuf. Quant au déficit extérieur de la filière équine en 2008, il a été évalué à 65 millions d’euros par l’Observatoire économique et social du cheval (OESC) des Haras nationaux qui a publié les chiffres clés 2009 à l’occasion du Salon du Cheval de Paris du 5 au 13 décembre. Au même moment, les pouvoirs publics annoncent la réduction de l’enveloppe des encouragements à l’élevage d’équidés tous secteurs confondus.
La filière équine est en crise. La baisse de la consommation à hauteur de 35% depuis 2001 assortie au déficit extérieur qui s’accroît depuis 5 ans en témoignent. Le 3 décembre 2009 pourtant, les pouvoirs publics ont annoncé une baisse de plus de deux millions d’euros des aides entre 2008 à 2010, passant de 9,9 millions d’euros à 7,2. Face à cette situation, la FNC (Fédération nationale du cheval) « dénonce haut et fort le désengagement de l’Etat à hauteur de plus de 20% des aides à la filière cheval » et parle d’une « mort annoncée » de l’élevage équin français. Marianne Dutoit, sa présidente, attire aussi l’attention sur les chevaux de trait à destination de l’Italie. Elle explique que « depuis plusieurs semaines, la réglementation européenne sur le transport datant de 2005 prévoyant que les chevaux doivent être débourrés lorsqu’ils sont transportés plus de huit heures, est appliquée. Pourtant jusqu’à présent, il n’y avait pas de pénalités. Et récemment les amendes sont tombées. Elles sont plus élevées que le prix des chevaux dans les camions. Les chevaux ne partent donc plus vers l’Italie. » Or, l’Italie est le principal débouché des exportations de jeunes poulains de trait français, destinés à l’engraissement. « Le contexte est catastrophique », conclut-elle sur ce point.

Absence d’interprofession
Or, la conjoncture actuelle est-elle la seule responsable de cette crise de la filière équine ? Pour Jacques Largeron, président de l’ANEPCP (Association nationale des éleveurs propriétaires de chevaux et poneys), il s’agit également d’une crise structurelle. « Un des gros problèmes de la filière équine, c’est qu’elle est constituée à 80% par des éleveurs amateurs », explique ce dernier. Cette part importante de non-professionnels s’explique par le fait que tout propriétaire d’au moins une jument ayant été conduite à la saillie au cours de l’année est considéré comme éleveur aujourd’hui en France. « Ils n’ont aucune notion de prix de revient car pour eux l’élevage est un loisir. Ils mettent donc en marché leur produit à un prix dérisoire. Il en résulte une distorsion de concurrence entre les professionnels qui, eux, doivent faire fonctionner leurs entreprises de manière économiquement viable. En plus de cela, les non professionnels ne payent pas de TVA alors qu’ils y sont assujetis, ni d’impôt sur le revenu. Or ils tirent un revenu de la vente du cheval », ajoute le président de l’ANEPCP. Les éleveurs professionnels sont donc minoritaires au sein des 45 000 éleveurs équins français en 2008, selon les chiffres des Haras nationaux. Qu’en est-il de l’organisation de ces producteurs ? Jacques Largeron, président de l’ANEPCP explique : « La dispersion de la représentativité de la filière du cheval est une autre cause. On n’a plus d’interprofession forte. Il y a trop de monde à intégrer et donc c’est impossible. Nous avions créé la Fival elle n’a pas résisté à cette dispersion. Pourtant c’est aujourd’hui un organisme qui nous est indispensable pour nous permettre de gérer au mieux toutes les évolutions de notre filière ».

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