L'association de protection des animaux L214 a publié, le 12 novembre, une vidéo dénonçant les conditions d'abattage des poussins dans un couvoir du Finistère. La DGAL indique qu'un contrôle sera mené dans l'établissement concerné et que le ministère de l'Agriculture défendra une stratégie « ambitieuse » dans le cadre de la révision de la réglementation européenne, pressentie au plus tôt pour 2015.
L 'ASSOCIATION de protection des animaux L214 a publié, le 12 novembre, une vidéo dénonçant les conditions d'abattage des poussins, dans laquelle un employé d'un couvoir du Finistère montre, en caméra cachée, des poussins jetés vivant dans une benne à ordure et agonisant, ou enfermés vivants dans des sacs poubelle. La vidéo émeut jusqu'aux professionnels de la filière. Le président de l'interprofession de l'œuf (CNPO), Philippe Juven la trouve « absolument ignoble ». Et d'ajouter : « Je me demande qui travaille comme ça ». Interrogée le 13 novembre par l'AFP sur ce couvoir, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) indique qu'une inspection « récente » menée par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) a relevé « un certain nombre d'irrégularités », mais qu'elle n'a pas justifié un retrait de l'agrément sanitaire.
Une nouvelle inspection prévueSuite à la publication de cette vidéo, une nouvelle inspection y sera menée, avec l'appui de la brigade nationale des vétérinaires. « Si la technique du broyage est autorisée par la réglementation communautaire, elle doit entraîner une mort immédiate des poussins », rappelle la DGAL, et « si les images de mise à mort diffusées (agonie de poussins encore vivants sur des cartons, poussins étouffés ou écrasés aux genoux dans des sacs poubelles, étourdissement de poussins à la main “en lasso”, etc.), si elles étaient confirmées, seraient en effet inacceptables », complète le ministère. De son côté, L214 s'insurge contre la pratique, autorisée, du broyage des poussins et a lancé une pétition pour la faire interdire.
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« Le ministre va lancer une nouvelle stratégie en matière de bien-être animal, ambitieuse », a également expliqué Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la DGAL (Direction générale de l'alimentation) à l'AFP. La DGAL a d'ores et déjà mis en place un groupe de travail dans le cadre du Cnopsav (Conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale), précise le ministère, afin de préparer une stratégie française dans le cadre de la révision de la réglementation européenne sur le bien-être animal. La précédente Commission européenne avait envisagé de mettre sur la table un projet de loi générale sur le bien-être animal en 2015. Celle-ci irait dans le sens d'une réorientation des textes d'une obligation de moyens (taille des cages, surfaces minimales par animal etc.) vers une obligation de résultats. Mais l'arrivée d'une nouvelle Commission pourrait retarder le début de ces travaux.