Seule la prise en compte des coûts véritables, économiques et environnementaux, dans les prix de l’énergie permettra de rendre les sources renouvelables compétitives, estime le commissaire européen à l’environnement, Stavros Dimas. Mais, selon lui, il faudra aussi sélectionner les énergies renouvelables, les biocarburants notamment, dont le bilan est réellement positif pour l’environnement.
Les politiques des Etats membres dans le domaine des énergies renouvelables « se sont avérées vulnérables aux aléas des changements de gouvernements», a estimé Stavros Dimas, le commissaire européen à l’environnement, lors d’une conférence consacrée à ces questions le 29 janvier à Bruxelles. C’est une des raisons, a-t-il expliqué, qui ont amené la Commission à proposer des objectifs obligatoires pour 2020 : 20 % de part de marché pour les énergies renouvelables, minimum de 10 % de biocarburants sur le marché de l’essence et du diesel, réduction de 20 % de la consommation d’énergie par rapport à ce que l’on peut prévoir si rien n’est fait et, en toile de fond, une diminution de 20 % par rapport à 1990 des émissions de gaz à effet de serre.
Inclure tous les coûts dans les prix
« Le fait que jusqu’à maintenant le coût de la pollution n’ait pas été inclus dans les prix de marché a donné un avantage économique injustifié aux carburants fossiles par rapport aux renouvelables. Ce n’est que si les coûts – tels que la dépendance à l’égard des importations, la pollution ou le risque d’accidents nucléaires – sont facturés dans les prix que l’énergie renouvelable peut devenir plus compétitive », a ensuite souligné M. Dimas.
De même, « la suppression de barrières monopolistiques » comme l’accès au réseau de distribution « créerait les conditions nécessaires pour que les producteurs d’énergies renouvelables ait une meilleure chance d’être compétitifs ».
Enfin, selon le commissaire à l’environnement, « le régime d’échanges d’émissions de l’UE pourrait être un bon moyen de promouvoir les énergies renouvelables en les rendant meilleur marché comparé aux carburants fossiles ».
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Il y a biocarburants et biocarburants
« Certaines énergies renouvelables doivent, en fait, tenir compte de leurs effets négatifs potentiels sur l’environnement», a toutefois tenu à expliquer M. Dimas. « La dernière chose que je voudrais voir, c’est le remplacement de l’utilisation non durable de carburants fossiles par l’utilisation non durable d’énergie renouvelable », a-t-il dit, donnant un exemple : « A certains moments de l’année, les émissions de fines particules des chauffages à la biomasse équivalent au niveau d’émissions des véhicules diesel ». Une question « dont s’occupe actuellement la Commission ».
Le commissaire européen a aussi jugé qu’il était « impératif de faire la distinction entre les biocarburants et d’encourager ceux qui ont un impact limité sur l’environnement ». « Si une utilisation accrue de biocarburants signifie l’abattage de forêts tropicales pour faire la place aux cultures nécessaires, cela est inacceptable ».
« De même, il n’est pas acceptable de mettre sur le marché des biocarburants qui ont été obtenus par une procédé de production qui émet autant de bioxyde de carbone qu’il en est épargné en les utilisant», a ajouté M. Dimas.
« La seconde génération de biocarburants doit entrer sur les marchés européens dès que possible car ils sont prometteurs à la fois en termes de potentiels énergétique et d’impact limité sur l’environnement », a-t-il encore souligné.