Confronté à une baisse régulière des ventes de confiseries en France, les professionnels réagissent et signent une charte d’engagements interne pour améliorer leurs pratiques dans le sens de la responsabilité et de la transparence.
Les confiseurs écoutent les consommateurs et réagissent. Tel est le message qu’ont voulu faire passer les Confiseurs de France (ex-Syndicat national de la confiserie) le 19 juin en signant officiellement leur charte d’engagements. Concrètement, les 95 industriels adhérents prennent cinq engagements, qui feront l’objet d’un suivi régulier par le syndicat professionnel et d’un bilan d’ici deux ans. Au programme : apporter de la stabilité et de la visibilité aux filières agricoles, protéger les savoir-faire, développer la diversité et garantir la sécurité des produits, communiquer de façon responsable et œuvrer pour le développement durable.
« On veut faire savoir ce qu’on fait depuis des années et qui n’est pas forcément bien connu », souligne Jean-Philippe André, président des Confiseurs de France et p.-d.g. d’Haribo France, reconnaissant que les professionnels « n’ont pas assez communiqué » jusqu’à maintenant. « On n’est ni sourd, ni aveugle face aux attentes des consommateurs », ajoute-t-il. Les consommateurs se détournent des confiseries, à cause de la mauvaise image du sucre, des additifs et des colorants artificiels. Les ventes baissent régulièrement : à fin 2017, les volumes en GMS étaient en retrait de 2% par rapport à l’année précédente, et depuis le début 2018, les baisses évoquées par les confiseurs oscillent entre 3 et 5% comparées à la même période de 2017.
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Pour redorer leur image, les confiseurs veulent insister sur les décisions prises pour éliminer certains additifs « suspects » rejetés par les consommateurs. « Le dioxyde de titane (TiO2) a ainsi été éliminé par 90% des adhérents », insistent les professionnels, qui prennent l’engagement de le supprimer à 100% d’ici 2020. Jean-Philippe André met en avant les solutions qui sont données par le syndicat pour aider les plus petites entreprises pour s’en passer : du conseil, du partage d’expérience et une ligne de crédit pour prendre en charge des équipements permettant de se passer de dioxyde de titane et pour reformuler les recettes. Mais substituer cet additif a un coût estimé par le syndicat à plusieurs dizaines de millions d’euros. Lutti a de son côté déboursé 1,5 million d’euros pour se doter des appareils adéquats. Les Confiseurs vont aussi davantage prendre en compte les enjeux nutritionnels en développant « des gammes de produits à teneur réduite en sucre ou sans sucre ».
Autre engagement clé : les Confiseurs de France restreignent volontairement leur communication en appliquant dès 2018 la charte du CSA, et en encourageant les adhérents à rejoindre la charte EU Pledge. Celle-ci prévoit de s’interdire toute publicité sur les sites destinés aux enfants, dans la presse destinée à la jeunesse et sur les panneaux d’affichage aux abords des établissements scolaires. Il s’agit en fait d’une extension de l’interdiction décidée par les professionnels en 2008 de ne plus annoncer dans le cadre des émissions télé destinée aux moins de 12 ans.
La valorisation des recettes traditionnelles est un autre sujet pour les professionnels. Ils s’engagent à réaliser un inventaire des spécialités qui sera rendu public fin 2019, et à vérifier la bonne application des codes des usages existants. Plusieurs IGP sont sur le point d’aboutir d’ici 2019 ou 2020 : les calissons d’Aix et le nougat de Montélimar. Des spécialités qui réclament un savoir-faire spécifique. Ce qui pousse la profession à demander la création qu’un diplôme officiel (reconnu par l’Education nationale) de confiseur. Une façon d’attirer les talents vers ce domaine et de reconnaître les qualifications obtenues.