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« D’une manière générale, les consommateurs allemands sont plus enclins à dépenser davantage d’argent pour se procurer des denrées alimentaires de grande qualité », a déclaré lors d’une conférence de presse Olivier Kölsch, dirigeant de la Fédération allemande des industries alimentaires et des boissons (BVE). S’exprimant lors de la présentation du prochain salon Anuga, premier salon de l’alimentation au monde, en octobre, il a ainsi expliqué la tendance actuelle qui voit les produits premium faire de plus en plus d’adeptes. L’autre critère déterminant dans le choix des Allemands est la confiance accordée à un produit et à son fabricant. De même, la transparence et la notion de développement durable sont des thèmes de stratégie pour l’industrie alimentaire. Il en veut pour preuve « l’augmentation du potentiel commercial des produits bio ou issus du commerce équitable ainsi que des denrées régionales ». Cette tendance touche aussi bien les marques propres (38% du marché) que les marques de distributeurs, les produits premium « ayant été un facteur de croissance sur chacun des deux créneaux ».
Une industrie qui vise l’exportation
L’Allemagne, rappelle le représentant de la BVE, est avec 82 millions d’habitants le pays le plus peuplé d’Europe et celui où la demande en produits alimentaires est la plus forte. De plus, chaque citoyen disposera d’un revenu de 20 970 euros en 2013, soit 611 euros de plus qu’en 2012, disponibles pour ses dépenses de consommation courante. Cependant, le consommateur allemand ne consacre que 11,5% de ses revenus disponibles à l’alimentation, contre 14,2% pour la moyenne européenne. Ceci s’explique par des prix plus modérés, dont la croissance est inférieure à celle du coût de la vie. Les industries alimentaires allemandes envisagent toutefois leur avenir sur les marchés extérieurs. En 2012, les quelque 6 000 entreprises du secteur (95% de PME) ont réalisé un chiffre d’affaires de 171 milliards d’euros, en croissance de 3,6% (0,2% hors effet de change), mais due en grande partie à la croissance des exportations qui ont progressé de 10,9% à 50,3 milliards d’euros, soit 30% du chiffre d’affaires global. Hors zone européenne, la croissance a même été de 19,8%, contre 8,5% sur le marché communautaire. « Qualité, sécurité, fiabilité, orientation-client, sont les atouts majeurs du made in Germany », selon Olivier Kölsch, d’autant que l’industrie sait offrir un large éventail des produits, allant des spécialités nationales traditionnelles aux tout nouveaux produits.
La France, deuxième partenaire, peut mieux faire
La France peut mieux faire avec l’Allemagne. Elle reste, certes, son deuxième partenaire, tant à l’importation qu’à l’exportation, mais les ventes françaises, avec 4,4 milliards d’euros, ont reculé de 5,4% en 2012. Dans le même temps, les ventes allemandes progressaient de 1,4% à 4,8 milliards d’euros. Oléagineux, vins et fromages français n’ont pas battu les viandes, produits de boulangerie et à chocolats d’outre-Rhin. L’une des préoccupations des industriels, nous confiait Olivier Kölsch, « est comme en France la puissance des quatre grandes enseignes commerciales, Rewe, Edeka, Lidl, Metro-Kaufhof qui négocient âprement les prix ». Le Bundeskartellamt, chargé de la surveillance de la concurrence serait d’ailleurs actuellement en train de mener une enquête, comme elle l’a déjà fait en 2010, sur d’éventuelles ententes sur les prix.
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