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UE/Sûreté alimentaire Les consommateurs pensent d’abord aux risques chimiques liés aux aliments

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Les consommateurs européens seraient davantage préoccupés par le risque de contamination chimique des aliments que de la contamination bactérienne ou de questions sanitaires et nutritionnelles. C’est un des principaux enseignements que l’AESA a tiré d’une enquête Eurobaromètre qu’elle a commandée à une société de sondage d’opinions (1). Le sondage aurait également montré que la plupart des Européens feraient confiance aux agences nationales et européennes de sécurité des aliments en tant que sources d’information sur les risques possibles liés aux denrées alimentaires.

Selon l’enquête Eurobaromètre sur les perceptions des risques pour la santé liés aux aliments que vient de publier l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA), 19 % des personnes sondées ont cité les produits chimiques, les pesticides et d’autres substances comme faisant l’objet de leurs craintes majeures. Une personne sur 10 a répondu qu’il n’y avait pas de problème du tout avec les denrées alimentaires. À la suite de la présentation d’une liste suggérant des problèmes possibles liés aux aliments, les sondés ont mentionné qu’ils étaient «très préoccupés» par les risques que représentent : les résidus chimiques de pesticides dans les fruits, les légumes et les céréales 31 % (en augmentation de 3 pour cent par rapport à 2005); les antibiotiques et les hormones dans les viandes 30 % (en augmentation de 3 pour cent par rapport à 2005); le clonage d’animaux producteurs de denrées alimentaires (30 %) et les polluants tels que le mercure dans le poisson et les dioxines dans le porc (29 % - en augmentation de 3 pour cent par rapport à 2005). Un nombre plus faible de personnes étaient «très préoccupées» par la contamination bactériennes des aliments (23 %) et un nombre encore moins important par d’éventuels risques nutritionnels tels que la prise de poids (15 %) ou le fait de ne pas avoir une alimentation saine ou équilibrée (15 %). Les résidus de pesticides dans les fruits, les légumes et les céréales – représentent la plus forte inquiétude globale dans 12 États membres: Grèce (91 %); Lituanie (88 %); Italie (85 %); Luxembourg (85 %); Bulgarie (84 %); Hongrie (84 %); France (80 %); Malte (77 %); Slovénie (75 %); Allemagne (75 %); Belgique (72 %); Autriche (67%).
Placés dans le contexte d’autres risques qui pourraient les toucher personnellement, davantage de citoyens de l’UE ont classé la crise économique (20 %) et la pollution de l’environnement (18 %) parmi les risques très susceptibles d’affecter leur vie, en comparaison avec le risque possible de consommer des denrées alimentaires nocives pour leur santé (11 %).

Confiance du public dans les sources d’information
L’enquête a révélé que les citoyens de l’UE expriment le niveau de confiance le plus élevé dans les informations fournies par les médecins et d’autres professionnels de la santé (84 %), suivis par la famille et les amis (82 %), les organisations de consommateurs (76 %), les scientifiques (73 %) et les groupes de protection de l’environnement (71 %). Les agences de sécurité des aliments nationales et l’Autorité européenne (AESA) ainsi que les autres institutions de l’UE sont créditées d’un niveau de confiance relativement élevé de 64 % et 57 % respectivement, les gouvernements nationaux se situant à 47 %.
Les avis sont plus partagés quant à savoir si les conseils scientifiques et les autorités publiques sont indépendants d’autres intérêts. Alors que 46 % des sondés conviennent que les autorités publiques de l’UE considèrent la santé des citoyens comme étant plus importante que les profits des producteurs (en augmentation de 7 pour cent par rapport à 2005), 42 % ne sont pas d’accord avec cette assertion et 12 % disent « qu’ils ne savent pas ». Plus de 81 % des sondés pensent que les autorités publiques « doivent faire plus pour garantir que les denrées alimentaires soient saines et pour informer les consommateurs sur les régimes alimentaires et les modes de vie assurant une bonne santé ». Selon le sondage, un large consensus existerait sur le fait que les autorités font beaucoup d’efforts pour assurer la sécurité des denrées alimentaires en Europe, que les autorités publiques sont promptes à agir, fondent leurs décisions sur des preuves scientifiques et font un bon travail d’information des consommateurs concernant les risques liés aux aliments. Le niveau d’accord est plus élevé qu’en 2005.
Interrogées sur la manière dont elles réagissent aux informations sur les questions liées aux aliments communiquées par les médias ou sur internet, près de la moitié des personnes ont dit qu’elles ignoraient les articles parus dans les médias ou s’en inquiétaient mais ne changeaient pas leurs habitudes alimentaires. Il apparaît une tendance plus forte à ignorer les informations concernant l’alimentation et la santé (29 %) que celles relatives aux risques liés aux aliments (24 %).

1) Les objectifs de ce sondage étaient de comprendre les inquiétudes des consommateurs concernant les aliments et les risques liés à la chaîne alimentaire et de déterminer le niveau de la confiance que les consommateurs placent dans les autorités publiques en ce qui concerne les questions de sécurité alimentaire.

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