En 2008, la consommation française de produits issus de l’agriculture biologique a augmenté de 25% en valeur pour atteindre le chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros, a annoncé l’Agence bio le 29 mai. Magasins et restaurants collectifs offrent de plus en plus de produits. L’écart se creuse entre la demande et l’offre françaises malgré une reprise des conversions.
La progression du chiffre d’affaires de la bio en France en 2008 a atteint 25% après plusieurs années à un rythme un peu supérieur à 10%. La coopérative de consommateurs Biocoop annonce même 26,6% de progression. Désormais, la part de marché des produits bio atteint 1,7% du marché alimentaire, contre 1,1% en 2005, selon l’Agence bio.
La vente directe (fermes, marchés, paniers…) tient une place importante soit 13% en 2008.
« La vente directe a progressé de 18% en trois ans. On assiste à l’émergence d’une nouvelle voie de développement avec la création de magasins par des producteurs, à la fois pour la maitrise des produits et pour un lien direct avec les consommateurs », a expliqué Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio.
Les magasins spécialisés réalisent 40% des ventes contre 42% pour les grandes surfaces. Le gros du chiffre d’affaires est réalisé par les fruits et légumes bio (17% à 451 M€) devant le pain et la farine (330 M€) et le vin (254 M€).
La demande n’a pas seulement augmenté en magasins mais également en restauration collective, dont les achats sont estimés à 44 M d’euros en 2008. Plus d’un tiers des restaurants collectifs servent des produits bio. D’ici 2012, 71% ont l’intention d’introduire des produits bio dans les repas ou de servir des repas bio.
L’installation, parent pauvre du développement de la bio
Le rythme des conversions a été plus soutenu l’an dernier. Les surfaces en conversion ont progressé de 34,6% à 81 565 hectares et le nombre d’exploitations bio a augmenté de 11% à 13 298. Les surfaces certifiées étaient de 583 799 hectares à fin 2008 en hausse 5%. Elles atteignent 2,12% de la surface agricole utile métropolitaine.
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« La FNAB a accueilli avec satisfaction la reprise d’un rythme plus conforme à ses vœux en matière de conversion. Avec quelque 1 300 nouveaux producteurs en 2008, et probablement un nombre un peu plus élevé en 2009, un réel changement se fait jour », écrit la fédération des producteurs bio dans un communiqué le 1 er juin.
Il faut noter, en revanche, que l’Agence ne dispose pas de chiffres sur les installations en bio qui semblent le point faible du développement du secteur.
« Il faut également travailler à la prise en compte prioritaire des demandes d’installations en bio par les SAFER, les CDOA ou la profession agricole en général », souligne la Fnab.
Trente pour cent de produit achetés hors frontières
Malgré ce « nouveau décollage » des conversions comme le nomme l’Agence bio, l’offre française reste encore faible au regard de la demande et 30% de l’ensemble des produits bio consommés en France viennent de l’extérieur (60% pour les fruits et légumes et l’épicerie sèche). Toutefois, en production laitière et céréalière (25% d’importations), la France dispose d’une capacité de production qui devrait lui permettre d’être rapidement autosuffisante, selon l’Agence bio.
Le nombre de préparateurs bio a également augmenté de 12% par rapport à 2007. On compte 7398 entreprises de transformation et de distribution certifiées dont 5626 préparateurs (transformation, conservation et/ou conditionnement) de produits certifiés (87% en production végétale).
La présentation de ces résultats coïncidait avec le lancement du dixième Printemps bio (du 1er au 15 juin), événement national d’information et de valorisation des produits AB. Au cours de cette quinzaine, une centaine d’actions vont être menées dans toute la France avec la participation de cinq interprofessions. Parmi les événements marquants : une ferme bio à Bercy et un pique-nique géant au Trocadéro (Paris) ainsi que de nombreux parcours d’animations.