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Agence bio Les conversions, en forte hausse en 2010, seront toutes aidées

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Les conversions à l’agriculture biologique, en hausse de 30% sur les sept premiers mois de 2010, seront toutes aidées, a promis Bruno Le Maire lors du grand conseil d’orientation de l’Agence bio le 28 septembre à Paris. Il a annoncé une rallonge budgétaire de 6 millions d’euros. La profession attend des moyens plus ambitieux pour accompagner le développement rapide en cours.

L’agriculture biologique attire de plus en plus d’agriculteurs : 3 345 d’entre eux se sont convertis à ce mode de production au cours des sept premiers mois de 2010. Avec 397 cessations d’activité, le nombre de nouvelles exploitations bio est de 2 948. Au total, fin juillet, la France en comptait près de 20 000 (19 594).
« Le rythme de croissance en 2010 est supérieur de 30% à la même période de 2009 », a souligné Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio.
« En 2012, selon les tendances établies d’après les déclarations des acteurs du secteur, la bio représentera 4% des achats alimentaires en France », prévoit-elle.
« Si ce rythme se maintient, 6% des exploitations seront bio en 2012 », a commenté Bruno Le Maire, venu avec quelques mesures. Pour accompagner les demandes de conversions de l’année, le ministre a annoncé une rallonge budgétaire de 6 millions d’euros qui porte à 10 millions les fonds du ministère pour les conversions en 2010, lesquels s’ajoutent aux 7 millions du FEADER (fonds européens).
« Tous les nouveaux engagements pris en 2010 seront aidés », a affirmé le ministre. « L’année prochaine, les aides à la conversion basculeront sur le premier pilier de la Pac. Mais ce n’est pas parce qu’il y a basculement qu’il y a diminution de l’aide. Je refuserai tout transfert qui ne s’accompagnerait pas d’un transfert de ressources », a poursuivi le ministre, tentant de rassurer. Cependant, rien n’est arrêté à ce jour à Bruxelles.

Le GIP Agence bio sera maintenu

Le ministre a également annoncé que le GIP Agence bio serait maintenu après 2011 mais n’a pas évoqué une augmentation des moyens en réponse au président de l’agence. Pascal Gury avait déclaré avant l’intervention du ministre : « L’Agence bio est un outil envié par nos voisins européens (…). Il nous paraît indispensable de renforcer ses moyens et ses missions pour atteindre les objectifs fixés ».
Pascal Gury avait également énuméré les besoins de la profession : l’accompagnement technique des conversions, l’augmentation de l’effort de recherche (sur les semences, en recherche variétale…), la reprise des exploitations en cas de départ à la retraite des exploitants…
Le ministre n’a pas réagi à ces demandes mais a précisé que cinq projets sur 6 présentés en 2010 seront aidés à hauteur de 3 millions d’euros dans le cadre du Fonds d’intervention stratégique des industries agroalimentaires du ministère de l’Agriculture (Fisiaa) et que 28 projets de structuration des filières seront aidés à hauteur de 5,3 millions d’euros à travers le « fonds avenir bio ». Le code des marchés publics devrait évoluer pour accorder une préférence aux produits issus de « filières courtes » dans les appels d’offres de la restauration collective publique. En 2011, un guide des produits de soin des plantes utilisables en bio sera publié avec le soutien du ministère et de l’INAO. Un groupe de travail thématique tentera de répondre aux impasses techniques. Enfin, l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab) recevra un financement complémentaire (montant non communiqué) pour instruire des dossiers de demandes d’autorisation de mise sur le marché, des PNPP (1) notamment.

Transfert de moyens et de représentativité

Dominique Marion, président de la Fédération nationale de l’agriculture biologique, est ensuite intervenu pour souligner que « la profession est unanime à demander que soit conforté tout ce qui touche à l’agriculture biologique ». Face à l’afflux des conversions, « il n’est plus possible de répondre à la demande d’accompagnement sur le terrain. Nous demandons un poste de plus par département », a poursuivi Dominique Marion. « Si on veut 20% d’agriculture biologique en 2020, il faudra également 20% des moyens du ministère de l’Agriculture. Il faut faire migrer des fonds de l’agriculture conventionnelle vers l’agriculture biologique », a-t-il prévenu. Enfin, « il faudra se poser la question de la place de la bio dans l’ensemble des instances représentatives et décisionnelles », a-t-il encore déclaré, évoquant notamment les CDOA et les interprofessions.
Jean Verdier, président du Synabio a regretté que « le budget de la recherche soit « asséché par les OGM qui demandent autant que la recherche sur les médicaments ». « La recherche en agriculture biologique a besoin de moyens pour continuer à progresser », a-t-il rappelé au ministre.

(1) préparations naturelles peu préoccupantes

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