« Nous avons une ambition environnementale, nous n’en dévierons pas », a déclaré la ministre déléguée à l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher, le 11 avril, à l’occasion d’un événement sur la décarbonation organisé par les coopératives laitières. Et la ministre d’ajouter que le gouvernement ne reviendra pas non plus sur son « ambition de production et de souveraineté alimentaire ». Pour concilier les deux, plusieurs pistes sont sur la table : additifs alimentaires, approvisionnement en soja « non déforestant », gestion des effluents… Les principaux leviers se situent dans les élevages. En effet, 67 % de l’empreinte carbone d’un litre de lait sont liés à l’amont, selon l’Ademe.
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Les laiteries et les éleveurs craignent que les pouvoirs publics leur imposent un plan de réduction du cheptel, comme c’est le cas en Irlande et aux Pays-Bas. Le sujet avait notamment été mis sur la table par un rapport de la Cour des comptes, rendu public en 2023. « La réduction du nombre de vaches va se faire naturellement par une hausse de la productivité. Le cheptel diminuera et les volumes se maintiendront », explique le président de la Coopération laitière, Pascal Le Brun. « Moins de bovins oui, mais pas pour produire moins de lait. Aidons les producteurs à atteindre plus d’efficacité », plaide Sébastien Grymonpon, responsable amont chez Lact’Union, qui propose notamment de travailler sur l’avancement de l’âge au premier vêlage. « Quand on fait du lait, on ne peut pas arriver à un impact neutre », affirme quant à lui Christophe Miault, secrétaire général adjoint de la Coopération laitière. La filière a encouragé le déploiement de l’outil d’autodiagnostic Cap’2ER. Cependant, Christophe Miault regrette qu’ils « prennent la poussière chez les éleveurs ». « Il faut passer moins de temps sur le constat et plus de temps sur les solutions », acquiesce Sébastien Grymonpon.