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Structures Les coopératives agricoles entendent poursuivre leur consolidation

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« Sur les 10 premiers mois de l’année, le solde du chiffre d’affaires réalisé par les coopératives agricoles grâce aux acquisitions face aux cessions a progressé de 450 millions d’euros », s’est félicité devant la presse, Philippe Mangin, président de Coop de France, lors de la présentation du prochain congrès les 28 et 29 novembre.

Depuis le début de l’année, Philippe Mangin compte 78 rapprochements effectués, pour moitié entre coopératives et pour moitié avec le privé. Cela devrait se traduire par une augmentation des ventes en 2011, le secteur coopératif devant atteindre un chiffre d’affaires de 82,8 milliards d’euros. Cette progression du chiffre d’affaires a des causes conjoncturelles liées à la hausse des cours des matières premières, mais traduit une évolution structurelle qui touche tous les secteurs d’activité, les céréales comme le lait ou la viande bovine. Celle-ci répond à trois ambitions.

Accentuer le développement international
La première est la volonté des coopératives d’améliorer leur position sur la scène européenne ou internationale, comme l’illustre le rachat du pôle maïs du brésilien Sementes Guerra par la filiale locale de Vilmorin et sa prise de contrôle de Brasmilho ou l’acquisition, encore au Brésil de Halitek par Tereos. De même, le sucrier Cristal Union est devenu actionnaire d’Eridania Italia, filiale de l’italien Eridania Sadam, pour attaquer le bassin méditerranéen. Ou encore la coopérative basque Lur Berri, entrée au capital du groupe islandais Alfesca à hauteur de 34 %, maison mère de Labeyrie, dont il est déjà le principal fournisseur en foie gras.

Atteindre une taille critique
Les coopératives veulent également parvenir à une taille critique pour mieux résister à la volatilité des cours et à la montée des risques. Cela impose de rechercher une assise financière suffisante pour faire face à des écarts de cours pouvant atteindre 30 euros par tonne sur une journée. Ces rapprochements se sont plutôt opérés dans le secteur des céréales fortement touché par les fluctuations de prix. Cela a conduit à la fusion de Champagne Céréales et La Marnaise ou a l’alliance des coopératives vosgiennes de St Dié et de Corcieux pour donner naissance à Vosgelia. Mais les filières du vin, de la forêt, de l’abattage ovin, de l’insémination ou l’alimentation animale y ont également participé. La filière laitière a vu aussi le mariage d’Elle & Vire avec Agrial.

Elargir son champ d’action économique
La dernière motivation tient à la volonté de s’imposer plus avant en amont de leur métier d’origine et être présent tout au long de la filière. Cela passe par des alliances avec des entreprises à capitaux familiaux pour élargir ses palettes d’activité. Ainsi, Jacquet, filiale de Limagrain, s’est renforcé en rachetant les biscuits Brossard, ou le rachat par la Cooperl de Défi Viandes. Les associations avec le secteur privé sont également recherchées, comme l’a montré l’alliance de la société familiale Senoble avec la coopérative Agrial, pour des produits de marque de distributeurs. Ces rapprochements permettent également de gagner du poids pour peser davantage dans les négociations commerciales.

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